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Madame la déléguée générale

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D’entrée de jeu, disons-le, Line Beauchamp, nouvelle déléguée générale du Québec à Paris qui entrera en fonction au mois d’août, représentera le Québec avec sérieux, grâce et compétence.

L’ex-ministre de l’Éducation qui fut la victime expiatoire du printemps de tous les excès a pu reprendre pied à Paris où depuis 2014 elle représente le Québec au sein de la délégation permanente du Canada à l’UNESCO.

L’ex-ministre péquiste et ancienne déléguée du Québec à Paris Louise Beaudoin, dont la vie a été consacrée à développer les relations entre la France et le Québec, avait même publiquement souhaité que Line Beauchamp accède à ce poste, le plus prestigieux de la diplomatie québécoise.

À l’évidence, la période faste des relations France-Québec n’existe plus. Non pas à cause de la France, mais du Québec. Les Québécois ne rêvent plus de la France envers laquelle les nouvelles générations n’éprouvent qu’indifférence, voire hostilité.

Racines françaises

Line Beauchamp au contraire aime la France à l’ancienne manière. Elle sait que le Québec ne peut se couper de ses racines françaises sans s’éloigner de sa langue et de sa culture.

Le premier ministre Philippe Couillard, peu sensible au nationalisme traditionnel qui se référait à la mère patrie, fut reçu en chef d’État lorsqu’il vint à Paris en visite officielle en 2015. Mais si la diplomatie québécoise en France n’a plus d’ambition pour occuper l’espace qui lui confère son statut diplomatique exceptionnel depuis De Gaulle, comme l’a écrit mon confrère Christian Rioux du Devoir, c’est que les Québécois ont refusé d’accéder à l’indépendance.

Line Beauchamp ne renie ni son nationalisme ni son fédéralisme. Le PLQ est au pouvoir et la guerre Québec-Canada à Paris est terminée depuis longtemps.

Le Québec a refusé d’être un pays, mais son statut à Paris est toujours exceptionnel. Line Beauchamp assurera par sa présence engagée la continuation de cette réalité.