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Des immigrants traités de terroristes

Le couple de musulmans apparaît sur deux photos d’une exposition

Abir bou Hamdan et Ahmed Hamashi sont arrivés du Liban en 2011 accompagnés de leur fille Nehad, âgée de neuf ans. Ils se sont parfaitement intégrés à la société québécoise et déplorent avoir été visés par des graffitis les qualifiant de terroristes.
Photo Jean-François Desgagnés Abir bou Hamdan et Ahmed Hamashi sont arrivés du Liban en 2011 accompagnés de leur fille Nehad, âgée de neuf ans. Ils se sont parfaitement intégrés à la société québécoise et déplorent avoir été visés par des graffitis les qualifiant de terroristes.

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Deux immigrants musulmans résidant à Québec sont furieux d'avoir été la cible de graffitis les qualifiant de «terroristes» sur des photos d'eux présentées dans une exposition sur le multiculturalisme.

Abir Bou Hamdan et son mari Ahmed Hamashi, arrivés du Liban avec leur fille il y a cinq ans, n’ont jamais hésité à participer à l’exposition QuébécoisEs, musulmanEs... et après?, présentée à Sherbrooke.

«On l’a fait pour lutter contre le racisme, pour montrer que les musulmans ne sont pas comme certains le pensent», raconte Mme Hamdan.

Vandalisme

Le couple apparaissait sur deux photos en compagnie d’une voisine québécoise, devenue une grande amie, pour témoigner de l’intégration exemplaire d’une majorité de musulmans.

Ces photos ont été vandalisées le 8 avril dernier alors que les inscriptions «Terorist musulman (sic)» ont été faites sur les photos.

«C’est triste, mais pour nous, c’est un mot qui est rendu presque normal. Je trouve ça encore pire pour nos voisins qui sont mêlés à ça», explique la dame qui croit que l’étiquette «terroriste» lui a été apposée notamment parce qu’elle porte le hijab.

Les deux photos ont depuis été retirées de l’exposition et une enquête policière a aussi été ouverte.

Quel est le problème ?

Mais la famille Hamashi se demande aujourd’hui «quel est le problème».

«Est-ce que c’est impossible que des musulmans s’intègrent et fassent contact avec des Québécois? [...] Oui, je suis canadienne, québécoise. Ce n’est pas la fin du monde», insiste Mme Hamdan.

Le couple a suivi des cours de francisation pendant un an et Abir a choisi d’étudier en éducation à l’enfance, avant d’ouvrir sa propre garderie à la maison.

Malgré son intégration plus que réussie, le mot utilisé par le ou les vandales demeure lourd de sens pour la famille.

Pas une question de religion

«Terroriste. C’est un mot qui nous fait aussi mal au cœur qu’à n’importe quel Québécois. Ce n’est pas une question de religion.»

Cet acte de vandalisme fait croire à des intervenants du milieu que beaucoup d’éducation reste à faire sur la diversité musulmane au Québec.

Spécialistes choqués

«Ça signale un certain climat. Il y a une forme d’islamophobie un peu galopante dans nos sociétés et qui est inquiétante», fait remarquer Michèle Vatz-Laaroussi, professeure à l’École de travail social de l’Université de Sherbrooke.

Le Centre Justice et Foi (CJF), qui a mis sur pied l’exposition, voulait avec celle-ci créer un espace de discussion qui s’avère au final doublement nécessaire.

«Nous voulions mettre l’accent sur la québécité de ces personnes. Ce sont avant tout des Québécois», rappelle Mouloud Idir, responsable du secteur Vivre ensemble du CJF.

L’exposition QuébécoisEs, musulmanEs... et après?

  • Mise sur pied par le secteur Vivre ensemble du Centre Justice et Foi ainsi que l’organisme La Voie des femmes
  • 24 photos, accompagnées de textes
  • Vise à faire tomber les stéréotypes et préjugés entourant les Québécois musulmans
  • L’exposition continue sa tournée du Québec jusqu’en 2017