/investigations/techno
Navigation

Contrat sans appel d’offres inévitable, ironise le ministre

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

Coup d'oeil sur cet article

Le contrat de 17,5 M$ octroyé sans le moindre appel d’offres par la RAMQ est une inévitable conséquence du «merveilleux monde de l’informatique», ironise le ministre Gaétan Barrette, affirmant «tout faire pour éviter ce genre de situation».

Le ministre réagissait en point de presse au reportage du Bureau d’enquête publié jeudi matin au sujet du contrat octroyé à la firme Oracle, partenaire de la RAMQ depuis deux décennies. Changer de technologie aurait coûté 47 M$ de plus selon leurs calculs, tellement l’organisme est dépendant de la firme américaine.

«Dans le merveilleux monde de l’informatique, et je le dis avec ironie, il y a toujours une mise à jour prévue et obligée (...) Tout le monde se retrouve un peu dans une situation» de devoir payer, poursuit-il, ajoutant qu’il avait choisi, pour les hôpitaux, un système uniforme dont la propriété ne sera pas au privé, mais au Québec.

«On se fait remplir»

Le député de la CAQ, Éric Caire, croit plutôt qu’un appel d’offres était nécessaire. «Si c’est vrai qu’il n’y avait pas d’autres solutions, allons en appel d’offres et après, nous saurons si le ministre a raison».

«Le gouvernement veut plus de logiciels libres, mais quand il y a une chance, on décide de ne même pas aller en appel d’offres», regrette-t-il.

«On se fait remplir. La vérité, c’est qu’ils (la RAMQ) sont bien dans leurs pantoufles et c’est beaucoup plus simple de garder la même technologie (...) C’est épouvantable. C’est la force de l’inertie qui nous oblige à être captifs d’une technologie».

«C’est comme si le gouvernement s’était transformé en vendeur Oracle pour trouver des raisons d’avoir Oracle», ajoute-t-il.

Le député péquiste Guy Leclair déplore aussi qu’il n’y ait pas eu un appel d’offres. «Je ne pense pas que ça rassure les gens. La Vérificatrice générale nous a dit qu’on manquait d’expertise. Et là, on fait quoi? On sort le chéquier de gré à gré et le ministre dit qu’on n’a pas vraiment le choix», explique-t-il.