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Ma non-entrevue avec Lise Payette

Lise Payette
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

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AJOUT 28 MAI : Je tiens à préciser, pour ceux qui affirment que Mme Payette n'avait aucune obligation de donner une entrevue au Journal, que c'est elle-même qui nous a contactés pour dire qu'elle était prête à parler de son départ du Devoir. Comme je suis chroniqueuse médias, c'est donc à moi qu'on a confié le dossier. Puis est arrivé ce qui est arrivé...

 

Mon Journal m’a demandé de faire une entrevue avec Lise Payette pour lui parler de la fin de sa chronique au Devoir.

Comme je suis chroniqueuse médias, ça fait partie de mon champ d’action.

Je l’appelle et m’identifie : « Sophie Durocher du Journal de Montréal/Journal de Québec».

« Êtes-vous la Sophie Durocher qui est la conjointe de Richard Martineau ? ».

Je suis estomaquée de me faire poser la question en 2016 ! Mais qu’est-ce que cette entrevue a à voir avec ma vie conjugale ?

« Madame Payette, je suis bien d’autres choses dans la vie à part être la conjointe de Richard Martineau ! Mais oui c’est mon mari ».

« Alors l’entrevue ne pourra pas avoir lieu. J’ai énormément de difficultés avec Monsieur Richard Martineau. »

Et c’est comme ça que s’est terminée ma conversation avec celle qui a été, au Québec, la première ministre d’État à la Condition féminine.

Madame Payette me considère uniquement comme « la femme de ... », alors que j’ai 30 ans de métier et que j’ai fait ma marque en journalisme bien avant d’être l’épouse de qui que ce soit.

Et ça se dit féministe ? Et ça donne des leçons de féminisme aux autres ?

Comme si j’avais un cerveau en garde partagée avec mon mari. Elle me fait porter le blâme des écrits de mon mari qui lui déplaisent ?

Pas plus tard qu’en juillet 2015, Mme Payette avait écrit toute une chronique dans Le Devoir pour dénoncer les Libéraux qui, selon elle, faisaient porter à Julie Snyder leur détestation de Pierre Karl Péladeau, en lui refusant ses crédits d’impôt.

Mais aujourd’hui, c’est exactement ce qu’elle fait ! Elle me fait porter le prix professionnel de sa détestation de mon mari.

Elle me punit moi comme chroniqueuse en me refusant une entrevue, sur la seule base que je suis la conjointe d’un homme qu’elle déteste ? Je suis donc coupable par association ?

Mme Payette aurait-elle aimé, du temps qu’elle était ministre, qu’on la juge selon les actions de son mari André Payette ? N’aurait-elle pas crié haut et fort que les femmes sont indépendantes de leurs maris et qu’elles sont parfaitement capables de penser par elle-même ?

N’est-ce pas Mme Payette qui est à l’origine d’ « une importante réforme du droit de la famille qui modifie en profondeur le Code civil, (...) Les hommes et les femmes ont donc non seulement les mêmes droits, mais aussi les mêmes obligations; les femmes ne sont dorénavant plus soumises à l’autorité de leur mari » ?

En trente ans de métier, je n’ai jamais été traitée de façon aussi cavalière par un interviewé. Et jamais, au grand jamais, je n’aurais pensé me faire poser une question aussi rétrograde par une femme ! Me faire refuser un entretien sur la base de ma situation conjugale, c’est absolument grossier.

Madame Payette aurait pu refuser de me parler en me reprochant de l’avoir critiquée à Tout le monde en parle, dans un de mes blogues ou dans une de mes chroniques. J’aurais trouvé ça petit ... mais je l’aurais accepté.

Demander à une professionnelle, en 2016 : « Êtes vous la femme de ... » n’est-ce pas terriblement « mononcle » comme attitude, Madame la féministe ?

 

 

 

 

 

 

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