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Une marge d’erreur très «faible» selon Christiane Ayotte

TorDoping09
Photo d'archives Christiane Ayotte serait étonnée de voir un ­résultat différent dans l’analyse du deuxième échantillon de Lucian Bute.

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Après l’annonce de son test positif à l’ostarine jeudi soir, Lucian Bute a déclaré avoir confiance que l’échantillon B de son urine prouverait son innocence. Toutefois, la marge d’erreur pour un résultat différent du premier serait très mince, selon la spécialiste en matière de dopage, la Dre Christiane Ayotte.

Tout d’abord, elle croit que l’analyse de l’urine de l’ancien champion IBF des super-moyens a sûrement été faite de façon consciencieuse.

«Pour détecter l’ostarine, il faut un laboratoire de pointe qui est fort possiblement agréé par l’Agence mondiale antidopage, a indiqué Mme Ayotte lorsque Le Journal l’a contactée vendredi. Quand l’athlète fournit son échantillon, il est séparé entre les pots A et B, mais c’est la même urine qui s’y retrouve.

«Les chances que l’échantillon B de Lucian Bute ne soit pas conforme au A sont très faibles, surtout avec une substance avec laquelle on ne peut pas avoir ­d’interprétation.»

D’après elle, il faudrait un laboratoire vraiment «incompétent» pour constater un résultat dit «faux positif». De plus, avec les avancées en matière de dopage au cours des dernières années, une telle situation se voit très ­rarement.

Pour ce qui est des échantillons du boxeur québécois d’origine roumaine, ils auraient été traités par l’Agence américaine antidopage (USADA), comme c’est la norme pour tous les combats des ­poulains d’Al Haymon.

On ne sait cependant pas dans quel laboratoire ils ont été effectués. Le responsable de la ­Commission athlétique de ­Washington, Sheldon Brown, n’a pas répondu aux messages du Journal à ce sujet.

Pas un cas unique

Lucian Bute n’est pas le seul athlète à avoir été déclaré positif à l’ostarine au cours des dernières années.

Il y a eu des cas semblables au football et au basketball universitaire américain ainsi qu’en haltérophilie, au bobsleigh et en ­culturisme.

«Ce sont tous des sports qui nécessitent de la puissance musculaire comme la boxe, a indiqué

Mme Ayotte. Ce qui est saisissant et une bonne nouvelle à la fois, c’est qu’il y a de plus en plus de tests plus poussés dans le monde de la boxe. Il était temps.»

Toujours une bonne raison

Au cours des prochains jours, plusieurs observateurs vont essayer de comprendre ce qui s’est passé dans la tête de Bute durant les derniers mois.

On cherchera surtout ce qui a poussé le pugiliste à agir ainsi alors qu’il tentait de redevenir champion du monde dans la ­catégorie des 168 lb.

«Un boxeur ou n’importe quel sportif peut se sentir vulnérable à l’approche d’une grosse compétition, a souligné la Dre Ayotte. L’athlète aura toujours une explication “de faire ce qu’il faut’’ pour atteindre ses objectifs.

«Il y a 1000 bonnes ou mauvaises raisons pour expliquer le dopage.»