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Le déluge, 20 ans déjà

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Le temps passe vite quand on s’amuse. Le déluge a déjà 20 ans. Dans un an, il pourra boire en Ontario.

Sérieusement, c’est en juillet qu’on soulignera les deux décennies qui se sont écoulées depuis ce gigantesque coup d’eau, qui a forcé les autorités à redessiner plusieurs berges de la région. En vedette des commémorations, on pourra entre autres revivre virtuellement l’avant et l’après de la célèbre petite maison blanche.

APRÈS MOI, LE DÉLUGE

Le déluge aura été pour moi une longue frustration. J’étais à un an de terminer mon cégep. Je rêvais de faire carrière dans les médias. Je regardais des amis plus vieux faire des reportages en hélicoptère, des stagiaires encore aux études devenir de véritables journalistes pour la radio et la télévision... Pour quiconque aspire à informer et divertir, c’était l’événement d’une vie.

Et moi? Pas en stage, pas d’emploi, je rongeais mon frein. Si ça se peut, j’étais jaloux de ceux qui vivaient l’action. Veuillez me pardonner, j’étais jeune, et je voulais tant devenir Jean-Luc Mongrain.

Le matin fatidique, je me trouvais à Laterrière. Je me rappelle avoir vu des gens courir avec des valises vers leurs voitures, en panique. Je me souviens avoir vu de l’eau jusqu’au premier étage d’une maison. La suite? Mes parents m’ont rapatrié sur la rive nord. Je voulais rouspéter, mais j’ai pas osé. Ils étaient déjà morts d’inquiétude. Ma carrière plus-que-sensationnelle de reporter de terrain devrait attendre...

Comme plusieurs, je me suis retrouvé dans le secteur de la Croix de Sainte-Anne pour regarder évoluer la situation. Tout le monde se parlait et spéculait, avec inquiétude. On changeait de point de vue, on allait derrière l’ancien bureau de poste de la rue Roussel. Là aussi, il y avait foule, plus qu’animée. Comme devait l’être un perron d’église aux époques difficiles.

J’ai beaucoup écouté la radio. Rock-Détente avait largué le réseau pour devenir une dynamique salle de nouvelles. Je me souviens aussi de Louis Champagne, qui ne voulait pas quitter les ondes, même à la demande des policiers, au moment le plus critique de la crise. Je me disais qu’avoir pu, j’aurais fait la même chose. Facile à dire quand on a les pieds au sec, chez papa et maman...

20 ANS APRÈS

La suite est floue dans mes souvenirs. Évidemment, il y a eu quelques malaises. À la télévision, Louis Lemieux qui posait des questions au toutou d’un enfant sinistré. La pénible chanson de René Simard...

Heureusement, la vie routinière reprend tellement vite. Mais deux dizaines d’années plus tard, on constate qu’on a profité de l’argent des gouvernements pour refaire une beauté et moderniser une bonne partie du paysage saguenéen.

Nous regardons souvent la petite maison blanche avec cynisme, mais il ne faut pas sous-estimer le symbole, et l’attrait touristique. L’image du petit qui se tient debout, si importante dans notre ADN québécois, concrétisée par cette minuscule piaule à la fondation solide.

On devrait l’apprécier un peu plus. Comme la vie, tiens. Et comme le fait qu’il y a 20 ans, on l’a quand même un peu échappé belle.

 

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