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Une collection de vêtements soulignant la mémoire des victimes de L’Isle-Verte

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En plus de réaliser un rêve en lançant une première collection de vêtements, l’entrepreneure Andréanne Marquis honore la mémoire de plusieurs des dames disparues dans l’incendie de la résidence du Havre à L’Isle-Verte, en donnant leurs prénoms aux articles de sa ligne.

Bien qu’aucun membre de sa famille ne soit décédé dans l’incendie qui a fait 32 victimes en janvier 2014, la tragédie a tout de même touché la jeune femme d’affaires puisqu’elle est originaire de la petite communauté.

«Tout le monde a été touché d’une manière ou d’une autre. Mes grands-parents ont perdu beaucoup d’amis. Au début je me demandais si c’était une bonne idée ou pas. Moi, c’est tellement quelque chose qui m’a touchée. Quand j’en ai parlé à ma mère, elle m’a dit: “Pourquoi pas? C’est une belle façon de leur rendre hommage», explique l’entrepreneure qui a fondé seule sa boutique en ligne Womance il y a moins d’un an.

Ainsi, l’apprentie femme d’affaires s’est complètement jetée dans le vide en démarrant son entreprise et en apprenant tout par elle-même. Même si elle a implanté sa marque et boutique en ligne en juillet 2015 en détaillant diverses marques québécoises et internationales, il s’agit véritablement d’une première collection originale pour la griffe Womance.

Ainsi, camisoles, chandails, chemisiers, robes, vestes et accessoires portant les prénoms de quelques-unes des femmes qui sont disparues sont disponibles en ligne depuis le 1er juin.

Afin de créer sa première collection, Andréanne Marquis s’est tournée vers une compagnie américaine qui lui proposait un système clé en main. Elle espère éventuellement être en mesure de confectionner ses vêtements en sol québécois. Pour l’instant, elle avoue candidement que les coûts astronomiques de production la freinent dans son élan.

«C’est un super long processus et pour qu’il soit rentable, il faut que tu présentes de très grandes quantités. Souvent les petites entreprises quand elles débutent elles frappent un mur en manquant de liquidité. Moi, personnellement j’ai décidé d’y aller par étape et de commencer en fonctionnant avec une compagnie qui fabrique des vêtements sans marques et on a pu apposer notre marque dessus. Il y a plusieurs compagnies qui fonctionnent comme ça, mais ce n’est pas dévoilé au grand jour. Moi, je ne m’en cache pas.»

Avec sa marque, la jeune entrepreneure souhaite rejoindre les femmes, peu importe leur situation ou leur morphologie. Elle pousse aussi les femmes à foncer pour s’accomplir.

«Les gens parfois pensent qu’il faut venir d’une famille richissime pour lancer une entreprise, mais vraiment pas. Je mise sur le fait que je suis une personne comme les autres. Je viens de L’Isle-Verte, mes parents ne sont pas des personnes riches. Moi je veux vraiment montrer aux femmes que tout est possible, et que peu importe d’où elles viennent et de leurs moyens, elles sont capables.»

Pour le moment, Andréanne Marquis mène sa barque seule, avec la collaboration de l’agence Les Mauvais Garçons, du consultant marketing Jules Marcoux et l’aide de deux stagiaires pour l’été. Elle est toutefois confrontée aux aléas de l’entrepreneuriat et des premières années de pain noir.

«C’est sûr que j’aimerais prendre de l’expansion. J’aimerais aussi me verser un salaire et engager des employés pour m’aider mais les banques, pour me financer, me demandent mes prévisions sur trois ans. Moi, les prévisions que je fais sont sur 90 jours et elles ne fonctionnent même pas! [...] Au Québec, les grandes institutions sont assez réticentes face aux entreprises sur le web. Ce n'est pas tangibles pour elles. C’est donc hyper compliqué d’avoir de l’aide. Même pour les assurances ce n’est pas facile. Je me retrouve un peu seule là-dedans, mais c'est un beau défi», explique-t-elle.

Quoi qu’il en soit, ces barrières n’arrêtent pas la jeune femme d’affaires qui estime avoir pris la meilleure décision de sa vie en se lançant en affaire.

«Je n’arrête pas. C’est 7 jours par semaine, mais ce que j’ai créé avec Womance, c’est de mon cru au complet, c’est un très long processus et un très long travail, mais au bout du compte, il n’y a personne qui va pouvoir me l’enlever. C’est une réalisation qui me fait du bien. J’y vais étape par étape. Je suis gambleuse mais pas trop! J’y vais à tâtons. C’est un premier essai», conclut-elle.