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Et si Cuba se joignait à la Can-Am...

Deux équipes pourraient intégrer les rangs du circuit selon le chef de délégation cubaine et Michel Laplante

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La série cubaine qui s’amorce jeudi à Québec constitue un premier test dans le but d’approfondir encore davantage les liens tissés avec la Ligue Can-Am. Deux équipes de Cuba pourraient effectivement joindre les rangs du circuit dans les années à venir, si la présente tournée se déroule bien.

Après leur premier entraînement en sol québécois lundi en fin d’avant-midi, les joueurs de l’équipe nationale cubaine ont regagné leurs quartiers généraux sur Grande-Allée. Questionné à savoir si la présente série pourrait être répétée dans l’avenir, le chef de la délégation cubaine Heriberto Suarez est allé beaucoup plus loin.

«Pour nous, cette série est la représentation d’un geste de solidarité dans notre relation avec les Capitales. Ce n’est pas un contrat, mais un projet à long terme.

«C’est une première incursion contre les équipes de la Can-Am et si la calibre convient, nous serions intéressés à intégrer la ligue. Tout est à l’étude, il faudra voir comment les choses vont se dérouler», a-t-il lancé tout bonnement, via l’interprète des Capitales, Raymond Boisvert.

Laplante étonné

Mis au parfum des propos de son invité, le président des Capitales, Michel Laplante, s’est dit très surpris que ce projet embryonnaire sorte au grand jour. Cependant, il n’a pas cherché à cacher ses ambitions et celles de ses acolytes cubains.

«On veut le faire, mais on n’arrive pas, sur papier, à voir comment, pour l’instant, », a-t-il d’abord expliqué, en mentionnant que ce sont deux équipes, probablement une de l’Est et l’autre de l’Ouest de la petite île, qui pourraient se greffer à la ligue.

«Ce serait absolument fantastique, mais de quelle façon tu fais ça? Tu ne peux pas aller là-bas pour trois matchs. L’idéal serait d’aller à Cuba pour une série de quatre matchs contre une équipe et une autre série de quatre matchs contre l’autre équipe. Sauf que tout ça, c’est juste sur la table à dessins. On en a jasé un peu ensemble», a-t-il continué.

Pas d’échéancier

Aux yeux de Laplante, les équipes de la Ligue Can-Am pourraient devoir débourser de 20 000 à 25 000 $ en frais de déplacement.

Toutefois, l’idée d’intégrer les Cubains à temps plein n’a pas encore fait son chemin aux oreilles des autres propriétaires de la ligue. Les bases d’une éventuelle association doivent aussi être jetées avec la Fédération cubaine, sans échéancier.

«À date, tout se fait autour d’un verre d’eau, une bière ou un rhum. Tout est cordial, étape par étape. La première chose, c’est de savoir s’ils seront contents de leur tournée ici et s’ils auront trouvé un équilibre.

«Le fait qu’ils viennent jouer dans une ligue principalement basée aux États-Unis, comment ce sera perçu là-bas? Si ce dont on discute est amené à New York dans trois semaines, qu’est-ce que le gouvernement va dire de ça? Jouer dans la même ligue, ça devient un échange. C’est le fun, mais dans le cadre de l’embargo toujours en vigueur, ce n’est peut-être pas accessible. Peut-être que ça l’est aussi», a réfléchi l’homme à tout faire.

Après la première escale à Québec, les Cubains se déplaceront à Trois-Rivières (Aigles), Ottawa (Champions), Sussex County (Miners), Rockland (Boulders) et au New Jersey (Jackals).

Un accueil chaleureux

À leurs premières heures à Québec, les Cubains ont vite constaté qu’il ne s’agit pas exactement d’une station balnéaire. Mais mis à part Dame Nature, tous les ont accueillis à bras ouverts.

L’équipe nationale, qui devait découvrir le Stade municipal, a plutôt été confinée à l’intérieur des murs d’Expocité, en raison de la grisaille et de la menace constante de pluie qui sévissaient. Pas tout à fait le même charme, mais les sourires abondaient tout de même sur les visages des joueurs, qui ne demandaient pas mieux que de se délier les muscles.

«Nous avons une très bonne première impression. On a tout de suite remarqué la beauté de la ville et de ses paysages, de même que la propreté des lieux. Que ce soit à l’hôtel ou dans la rue, nous avons été impressionnés par le côté chaleureux des gens ici», a raconté le chef de la délégation cubaine, Heriberto Suàrez.

Une première

Si l’équipe nationale cubaine a été habituée aux périples à l’étranger par le passé, c’est la première fois qu’elle quitte son pays aussi longuement, pour l’Amérique du Nord.

«On pense très bien s’adapter à cet environnement. Pour nous, cette série reflète l’amitié entre différents peuples et une expérience positive pour les athlètes et leur famille. Ils sont venus pour participer à cette expérience, mais aussi pour gagner», a prévenu M. Suàrez.

Bien identifiés!

Chose certaine, la délégation de 28 joueurs, quatre entraîneurs, un psychologue, un médecin et sept accompagnateurs passera difficilement inaperçue dans les prochains jours. Au retour au centre-ville après l’entraînement, hier, chacun portait des survêtements blancs ornés du drapeau cubain. Tous se déplacent constamment en groupe, peu importe les activités. Quelques-uns d’entre eux en ont profité pour immortaliser les charmes de Québec en images.

«Ça me rappelle il y a 25 ans quand j’étais sur l’équipe nationale canadienne. Ils font tout en même temps, un peu à l’ancienne. Il faut organiser chacun des repas, il va falloir que je m’ajuste», a souri le président des Capitales, Michel Laplante, qui doit prévoir plus de riz dans les assiettes.

Un horaire chargé

Depuis leur arrivée à Montréal samedi, les Cubains ne se tournent pas les pouces et n’auront certainement pas beaucoup de temps libre durant leur tournée qui prendra fin le 30 juin, dans le New Jersey. Entre leur passage à l’hôtel de ville de Montréal dimanche, puis à celui de Québec demain soir, ils déjeunent ce matin avec le lieutenant-gouverneur du Québec, J. Michel Doyon. D’autres visites diplomatiques sont prévues lors de chacun de leurs arrêts ailleurs dans la Can-Am. «Quand les Cubains ont vu ça, ils nous ont dit: Vous savez qu’il y aura aussi du baseball à travers, n’est-ce pas?», a rigolé Michel Laplante.

Vive Montréal!

L’organisation de la série cubaine implique son lot d’imprévus. Durant leur bref passage dans la métroplole, les Cubains ont finalement pu se pointer à l’hôtel de ville, où les attendait le maire Denis Coderre... avec 45 minutes de retard. Par après, une visite de la ville était prévue à l’horaire, mais Montréal était monopolisée par le Tour de l’île cycliste. «Disons qu’ils ont vite découvert le traffic montréalais», a lancé Laplante.

Des dépisteurs en ville

Michel Laplante n’ose pas s’avancer lorsqu’on lui demande combien de joueurs de l’équipe cubaine pourraient potentiellement percer dans les Ligues majeures. «On a toujours évalué les Cubains dans des tournois à cinq matchs, mais quand ils regagneront leur pays, ils auront joué 19 matchs et plusieurs compteront de 75 à 80 apparitions au bâton. Les gens pourront vraiment se faire une tête», croit celui qui attend au moins une quinzaine de dépisteurs.