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167 000 $ par emploi

167 000 $ par emploi

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En 2010, Claude Garcia, l’ancien PDG de Standard Life Canada, avait publié sur la Société générale de financement (SGF) quelques semaines avant que cette dernière ne soit absorbée par Investissement Québec. L’étude de M. Garcia avait généré une légère controverse puisqu’elle démontrait que depuis sa création en 1962, la SGF avait obtenu un rendement négatif d’un pour cent par an. Dans un communiqué étrange, le PDG de la SGF avait affirmé que M.Garcia avait tort: le rendement était plutôt de 0,3 % par an. Factuellement, la SGF se trompait, mais même si ce n’était pas le cas, il aurait été difficile de se réjouir de cela. 

Considérant que la SGF a été éventuellement avalée par Investissement, vous pouvez comprendre que je n’ai pas été surpris d’apprendre qu’Investissement Québec a un rendement sur les capitaux propres de 2,9 % par an. Un rendement qui est inférieur au coût de la dette du gouvernement du Québec (et encore plus bas que le rendement moyen des marchés boursiers sur lesquels les fonds auraient pu être placés). Et il s’agit des chiffres de l’exercice financier le plus récent. Une étude historique aurait probablement pour effet de déprimer ce taux. 

Investissement Québec, qui fait vivre plusieurs projets sous respirateur artificiel, aurait peut-être des bénéfices sociaux d’envergure? C’est une réplique souvent administrée par les défenseurs (et ceux qui en dépendent). Cependant, grâce à l’actuaire François Pelletier (à qui je dois l’inspiration de ce billet), vous me permettrez d’en douter. En compilant la valeur des investissements réalisés par Investissement Québec ainsi que la somme des emplois créés ou conservés, on réalise que le «coût social» est assez clair. En 2007, chaque emploi sauvé ou créé par Investissement Québec avait coûté 35 434 $. En 2015, après une intensification des activités de cet organisme, le coût a grimpé à 167 082 $ par emploi. 

Comme quoi le «nous» vient à vos frais...