/misc
Navigation

Le Québécois et le québécois

Le Québécois et le québécois
AFP

Coup d'oeil sur cet article

 

Un texte du journal d’aujourd’hui fait mention d’un texte de l’Obs où une journaliste donne des conseils aux Français qui voudraient s’installer au Québec. 

 

C’est aussi le temps de l’année où des numéros spéciaux de magazines français sont consacrés à « l’installation au Canada. » Ce sont de véritables infopubs pour Immigration Canada. En effet, on vend pourtant énormément le « Canada » aux Français qui désireraient immigrer. Dans les kiosques à journaux français, L’Express et le Figaro sont offerts en version « kit de l’immigrant 101. » 

 

Dans le texte de l’Obs, la journaliste française s’adresse à ses compatriotes qui voudraient venir vivre au Québec, on fait d’ailleurs mention de plusieurs suggestions concernant « l’accent » québécois. « Habituez-vous à l’accent québécois, suggère-t-elle. » 

 

À l’accent, seulement ? 

 

Et pas au lexique ? Au vocabulaire ? Aux expressions ? Aux registres ? 

 

Évidemment, les Québécois parlent français, mais ils parlent le français québécois. 

 

Il faudrait dire à certains Français que celui-ci n’est pas moins bon que le leur, il est différent. Ils n’ont pas non plus le monopole du français, malgré ce qu’ils semblent parfois penser ! 

 

Nous parlons tous français, bien évidemment, mais nous parlons des français. La francophonie est représentative de plusieurs cultures, mais les langues qu’on parle partout, du Sénégal à Montréal ont leurs particularités et leurs existences propres. Le français québécois n’est pas seulement un accent : il est notre carburant culturel et vecteur de l’identité québécoise. Ce n’est pas parce qu’on parle français que nous avons la même culture que les Français... ni que les Ivoiriens ou les Acadiens ! 

 

Je sors tout juste d’un taxi, à Paris, où le chauffeur m’a fait répéter tous les mots prononcés, tout en me demandant très sérieusement s’il y avait encore de la neige à Montréal. Plus tôt cette semaine, on m’a aussi demandé s’il y avait « des Indiens » qui habitaient dans mon quartier « au Canada » parce qu’évidemment, pour certains d’entre eux, le Manitoba, le Québec ou le Yukon semblent être pour eux une seule et même réalité géographique et linguistique. Plusieurs semblent penser qu’on parle français, partout au Canada entre l’Atlantique et le Pacifique... 

 

Bref, l’Express et le Figaro ont encore beaucoup de chemin à faire s’ils veulent rapprocher « ces cousins » qui ressemblent parfois davantage à des cousins de la fesse gauche qu’à des cousins germains !