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Le trésor de Montréal

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Fans de course automobile ou pas, les Montréalais sentent tous un petit velours à voir les images spectaculaires du centre-ville diffusées dans le monde entier aujourd’hui. Mais il ne faudra pas pleurer si, un jour, Bernie Ecclestone décide de porter ses pénates ailleurs. La vraie richesse de Montréal ce n’est pas la Formule 1, c’est l’île Notre-Dame, et sa voisine, l’île Sainte-Hélène.

Montréal devrait décider dès aujourd’hui que toutes les activités lourdes implantées dans ces îles – le casino, la course automobile, la Ronde – ne seront pas remplacées à la fin de leur vie utile – et qu’aucune autre n’y sera importée.

Réserve écologique en ville

À l’origine, l’île Notre-Dame était un crime écologique: une île artificielle crée par 15 millions de tonnes de roches extraites pour creuser le métro, balancées directement dans le courant. On ne ferait plus ça aujourd’hui. Mais l’île s’est naturalisée. Une réserve écologique, un bioparc au cœur de la ville, accessible par métro, voilà la véritable valeur de ces îles.

En 1853, le maire, Wolfred Nelson fut vertement critiqué pour vouloir engager une fortune – un million! – pour protéger la montagne qui se profilait derrière les banlieues cossues de la rue Sherbrooke. Mais peut-on aujourd’hui imaginer Montréal sans le parc du Mont-Royal, créé 23 ans plus tard?

Aménagement idéal

Même chose pour ces deux îles au cœur de Montréal. L’aménagement idéal de ces îles devrait être le moins d’aménagement possible: un endroit où skier ou pédaler, piqueniquer, voir des fleurs, des bêtes et des oiseaux, pêcher, flâner parmi les parfums et les sons de la nature, au cœur de la ville. Cela n’a pas de prix!

Quand viendra le 400e ou le 475e anniversaire de Montréal, on jugera de la sagesse ou de la bêtise des administrations présentes selon ce qu’elles auront fait de ce trésor qu’elles ont aujourd’hui entre les mains: du «développement» ou de la conservation.