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En attendant Kovalev...

Adonis Stevenson prêt pour Thomas Williams Jr le 29 juillet au Centre Vidéotron

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Toute l’attention devrait porter sur l’affrontement entre Adonis Stevenson et Thomas Williams Jr. le 29 juillet au Centre Vidéotron, mais le spectre d’un choc au sommet contre Sergey Kovalev planait allègrement dans le discours du champion du monde WBC des mi-lourds, après son point de presse de lundi.

Stevenson (27-1-0, 22 K.-O.), qui défendra pour la septième fois sa couronne, s’est fait bref dans son allocution officielle en vue du combat contre Williams (20-1-0, 14 K.-O.) annoncé il y a déjà quelque temps.

Toutefois, il s’est montré plus loquace après la conférence de presse en rencontrant les journalistes. Sans même être sollicité à cet effet, il a lui-même cité deux fois le nom de Kovalev, le champion mondial WBO, WBO et IBF des mi-lourds. Un potentiel combat entre les deux champions demeure sur la glace depuis des mois.

Parlant de Williams comme d’un cogneur de puissance, il a indiqué que la soirée à venir en juillet «va me préparer pour un combat éventuel face à un gars qui frappe fort, comme Kovalev.»

Un combat dans l’air

Pressé de questions sur un duel contre le Russe, Stevenson s’est dit convaincu que l’attente tire à sa fin.

«C’est sûr que ça va arriver, ce combat-là», a-t-il tranché, sans préciser d’échéancier.

«Je ne peux pas parler, mais ce que je peux vous dire, c’est que ça va arriver. Je ne peux pas parler plus que ça, mais je peux vous garantir que ça va se faire. Vous devriez en avoir des nouvelles», a ajouté «Superman».

Encore des obstacles

Pour ce faire, il faudrait que les représentants des deux clans rivaux en arrivent un jour à une entente. Kovalev doit aussi écarter Isaac Chilemba le 11 juillet en Russie, et Andre Ward sera son aspirant obligatoire en novembre.

Dans le cas de Stevenson, il y a d’abord Williams, mais aussi Eleider Alvarez (19-0-0, 10 K.-O.). Le Montréalais d’origine colombienne a gravi les échelons au point de s’imposer comme aspirant obligatoire.

C’est donc dire que même si Stevenson et Kovalev franchissent les embûches avec succès, il est difficilement envisageable de les voir face à face à très court terme.

«On souhaite toujours en arriver à un terrain d’entente. Ce que je peux dire, c’est qu’Adonis le veut et que Kovalev le veut, donc on va tout mettre en marche pour que, éventuellement, ça puisse fonctionner.

«Les obstacles sont encore là avec Adonis en PBC et Kovalev sur HBO. Il faudra attendre que le contrat de l’un ou l’autre vienne à échéance ou encore que les réseaux de télé mettent de l’eau dans leur vin. On souhaite toujours trouver une porte quelque part pour que ça fonctionne», a signalé le promoteur Yvon Michel.

Pas pris à la légère

Si Stevenson ne cache pas que Kovalev est le réel objectif dans sa ligne de mire, il assure toutefois que le public de Québec, devant lequel il s’est produit dans trois de ses cinq derniers combats, aura droit à un boxeur pleinement concentré sur Williams.

«Je ne sous-estime personne. Ce n’est pas pour rien que j’en serai à une septième défense de mon titre. Je suis un professionnel qui se prépare pour n’importe quel adversaire. Je sais que Williams est dangereux. Ce sera une belle préparation. Je ne suis pas déjà rendu à Kovalev, je suis rendu à celui qui sera devant moi», a-t-il promis.

« Tout ce qu’il a, c’est une main gauche »

L’aspirant, Thomas Williams Jr, s’est tenu peinard et ne comprenait pas un traitre mot de ce qui se disait en conférence de presse sur son duel à venir contre Adonis Stevenson. Par après, il s’est toutefois assuré que malgré la barrière de la langue, ses impressions du champion soient on ne peut plus simples à traduire.

C’était matinée de contraste entre les deux pugilistes. Dans un coin, Williams s’est pointé au Centre Vidéotron de longues minutes à l’avance, sans dire un mot, simplement vêtu aux couleurs des Nationals de Washington.

Dans l’autre coin, Stevenson a fait son arrivée remarquée en complet blanc, invoquant des motifs familiaux pour ses 40 minutes de retard, flanqué de bruyants gardes du corps qui scandaient son nom.

Dans le ton, Stevenson a joué la carte du respect en invoquant le dur cogneur qui l’attendait le 29 juillet. Williams, lui, a vite tourné son rival en dérision.

«En point de presse, il semblait conscient qu’il s’embarquait dans un gros combat, mais il a par la suite changé son discours en parlant juste de Kovalev avec vous. C’est cool, on verra bien... Peut-être que ça me rendra la vie plus facile le 29 juillet.

«De toute façon, je ne pense pas que ça arrivera (Kovalev-Stevenson). Comment est-ce possible quand je serai le champion de la WBC? À moins que Kovalev ne décide de faire du bénévolat à boxer contre lui.»

À retenir

Pour Williams, les lacunes de Stevenson sont plus faciles à compiler que ses forces.

«Je ne veux pas lui manquer de respect, mais tout ce qu’il a, c’est une main gauche. Il a un bon jab, mais pas de crochet, pas de technique, pas de vitesse, pas de défensive et je pourrais continuer toute la journée. Pour ma part, je placerais toute ma confiance en un boxeur complet plutôt qu’en une main gauche. Je vous supplie de conserver cette entrevue et vous verrez après le combat ce que je voulais dire», s’est-il avancé.

Un grand négligé

Plusieurs observateurs ont sursauté lorsque Stevenson a dévoilé récemment que son prochain adversaire serait Williams, neuvième aspirant à sa couronne. Toutefois, il a fait forte impression en terrassant Edwin Rodriguez en deux rounds même s’il était négligé, le 30 avril.

«On a deux boxeurs extrêmement dangereux. Ils sont les deux plus purs cogneurs dans la boxe en ce moment. Leurs K-O surviennent souvent très tôt dans le combat. Sur les 14 K-O de Williams, 12 sont survenus lors des deux premiers rounds. Adonis c’est un peu la même chose. Quand vous regardez la fiche et que vous voyez que les K-O arrivent tôt, c’est qu’on a à faire avec des purs», a mentionné le promoteur Yvon Michel.

Pour sa part, Stevenson a tenu à répondre aux gérants d’estrade.

«C’est pas parce que vous ne le connaissez pas qu’il n’est pas bon. Il n’est pas classé numéro neuf au monde pour rien», a-t-il dit au sujet de son rival.

Centre Vidéotron: la Mecque de la boxe

Il va sans dire que le partenariat de trois ans annoncé la semaine dernière entre GYM et Gestev, qui assurera la priorité au Centre Vidéotron pour la présentation de cartes de boxe au Québec, réjouit au plus haut point Yvon Michel. «On veut que le Centre Vidéotron soit La Mecque de la boxe. On veut faire comme le Madison Square Garden faisait dans le passé pour la boxe et ce que le Barclays Center fait en ce moment. On veut que la population s’identifie à nos événements pour montrer à la face du monde entier que la boxe a du soutien et qu’il y a de l’ambiance ici comme nulle part ailleurs», s’est-il extasié.

Aspirant obligatoire: Alvarez attend sa chance

C’est finalement contre l’Argentin Maximiliano Gomez (20-5-0, 7 K-O) qu’Eleider Alvarez (19-0-0, 10 K-O) fera les frais de la demi-finale. Le boxeur de 32 ans attend tranquillement sa chance d’affronter Adonis Stevenson pour le titre WBC des mi-lourds, comme aspirant obligatoire, d’ici la fin de 2016. «Je voulais être prêt pour mon gros combat en novembre ou décembre. D’ici là, je suis patient. Je sais qu’après ce combat, ce sera directement Stevenson. On parle beaucoup de Stevenson-Kovalev, mais c’est une grosse négociation et ce n’est pas fait. De toute façon, je dois passer en premier», a-t-il mentionné hier.

Québécois en action: Martel-Bahoeli et Bouchard chez eux

Plusieurs Québécois seront au rendez-vous en sous-carte le 29 juillet, dont Junior Ulysse (10-0-0, 7 K-O) et David Théroux (11-1, 8 K-O). Mais personne ne sera plus heureux que le poids lourd Éric Martel-Bahoeli (11-6-0, 7 K-O), qui nageait en plein rêve, hier. «Me battre ici, devant ma famille et mes amis, ça me donne une bonne dose d’énergie positive. Pour moi, c’est la victoire à tout prix», a clamé celui qui aimerait bien affronter le Californien Avery Gibson, tombeur de Didier Bence le 27 mai. Pour sa part, Sébastien Bouchard (13-1-0, 4 K-O), assure que sa main droite guérit bien suite à son combat du 4 juin et que sa présence, toujours pas confirmée, est une formalité.