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Le marché de Québec jugé trop petit

Le rêve est en train de tourner au cauchemar pour les partisans qui espéraient le retour prochain des Nordiques.
Photo d'archives Le rêve est en train de tourner au cauchemar pour les partisans qui espéraient le retour prochain des Nordiques.

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Le bruit a commencé à circuler en mars que Québec ne serait pas de la prochaine expansion de la Ligue nationale. La rumeur s’est amplifiée au fil des semaines. Aujourd’hui, on ne parle plus de spéculation, mais d’un fait accompli. Une nouvelle confirmation me vient d’un personnage haut placé du monde du hockey. Québec n’est pas dans le portrait. Las Vegas sera la seule nouvelle ville à joindre les rangs de la LNH pour la saison 2017-2018.

Pourquoi pas Québec?

Mon informateur répond que des gens de la LNH craignent que le marché ne soit trop petit pour assurer la viabilité d’une équipe.

Cette opinion avait été émise au début du processus, rappelons-nous, par le propriétaire des Bruins de Boston, Jeremy Jacobs, qui fait partie du comité de l’expansion.

M. Jacobs avait qualifié textuellement le marché de Québec «d’extraordinairement petit.»

Personnage influent

Proprio des Bruins depuis 1975, son pouvoir est grand dans la ligue.

Président du bureau des gouverneurs et adepte de la ligne dure, il a mené une bataille rangée contre l’Association des joueurs lors du dernier conflit de travail dans le circuit.

Les joueurs le détestent souverainement.

Pas de transfert à court terme

Maintenant, les derniers développements signifient-ils que Québec ne réintégrera jamais la LNH?

«Tout ce que j’entends, c’est que la ligue veut garder Québec dans sa manche dans le cas où la situation ne se redresserait pas en Caroline et en Arizona», indique mon interlocuteur.

La poursuite intentée contre le propriétaire des Hurricanes, Peter Karmanos, par ses trois fils de sa première union pourrait-elle avoir un effet sur l’avenir de l’équipe à Raleigh?

«Pas à court terme», affirme mon contact.

Ajoutez cette information à tout ce qui s’est écrit et dit ces dernières semaines et il n’y a plus de doute possible.

Affaire de gros sous

Cette histoire ne fait que nous rappeler que le sport professionnel est devenu une affaire de gros sous et que le Canada ne pèse plus gros dans l’échiquier de la LNH.

Les équipes canadiennes ont commencé à perdre de leur influence lorsque les quartiers généraux de la ligue ont été déménagés de Montréal à New York après la retraite de Clarence Campbell, en 1977.

Le Canadien et les Leafs, les deux plus anciennes organisations du circuit, n’exercent plus depuis longtemps le contrôle qu’ils avaient autrefois.

Les dirigeants connaissent très bien le grand intérêt que les Canadiens portent au hockey. Mais quand ils parlent business, ils ne calculent pas les choses de la même façon que les amateurs.

Ils pensent en fonction de potentiel de revenus et, à cet égard, les petites villes canadiennes sont nettement désavantagées.

Quelqu’un me racontait dernièrement que Winnipeg et Ottawa comptent pour très peu dans les revenus de la ligue.

Peu encourageant

S’il reste de l’espoir pour Québec, avouons qu’il y a de quoi être perplexe.

Quand une ligue se questionne sur le potentiel d’une ville candidate à une expansion, ce n’est pas bon signe.

De plus, on peut penser que Gary Bettman va tout faire pour éviter que les Coyotes et les Hurricanes aient à transporter leurs pénates ailleurs.

Le rêve est en train de tourner au cauchemar.

Une clientèle en devenir

Si le hockey demeure le sport national des Canadiens pour les puristes, la réalité démontre que les Américains ont pris beaucoup de galon depuis la grande expansion de 1967.

Dans le temps, on comptait au plus cinq joueurs provenant du pays de l’Oncle Sam parmi la douzaine d’équipes qui formaient la ligue.

Dernièrement, on apprenait que le pourcentage de joueurs canadiens est tombé sous la barre des 50 pour cent cette saison et que 31 pour cent provenaient d’institutions académiques membres de la NCAA.

En essor chez les jeunes

Auston Matthews, premier joueur classé au repêchage qui se tiendra la semaine prochaine à Buffalo, est né d’une mère mexicaine dans la région de la baie de San Francisco.

Il a appris à jouer au hockey pas très loin du désert de l’Arizona.

Ses favoris chez les Coyotes étaient Daniel Brière et Shane Doan.

L’autre jour, Peter Mahovlich, ancien joueur de centre du Canadien employé des Panthers de la Floride, me racontait avoir vu un trio formé de joueurs des États de la Californie, de l’Arizona et du Texas lors d’un tournoi pour joueurs de moins de 18 ans.

L’essor grandissant du hockey dans la jeune population américaine sera peut-être ce qui contribuera à remplir les amphithéâtres des Coyotes et des Hurricanes dans un futur pas si lointain.

Le hockey canadien doit refaire ses devoirs. La LNH est devenue un circuit international.

Malheureusement, ce n’est pas ce qui va régler le problème de Québec.

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