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La prochaine étape

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D’accord, ce n’était qu’une boulette de papier, mais les policiers se devaient d’évacuer le premier ministre à toute vitesse jeudi soir. Pas de risque à prendre: le Québec est le parfait exemple d’une petite société mobilisée, militante, intraitable et parfois violente.

Ici, des terroristes locaux ont assassiné un ministre provincial; un militaire a ouvert le feu à l’Assemblée nationale, des syndicalistes ont saccagé un grand chantier du Nord. La politique a rassemblé des manifestations monstres qui ont souvent tourné à l’émeute. Les carrés rouges et les cagoules noires ont tenu Montréal en otage pendant des mois. Nous avons menacé la survie du Canada à deux reprises et imposé le français à tout le monde. On ne niaise pas avec la rue montréalaise et ça, les flics le savent.

En espagnol !

Sauf que, cette fois-ci, il n’y avait pas de fleurdelysé et personne ne scandait «Le Québec aux Québécois». Le fauteur de troubles s’appelle Esteban Torres, il s’exprime en espagnol, et sa cause est celle des minorités sexuelles. Le Québec a changé.

Dans un essai paru dans Le Devoir vendredi, l’écrivain Jacques Godbout dit que la Révolution tranquille et la poussée nationaliste qu’elle a engendrée ont réglé la plupart des problèmes et des injustices qui affligeaient les Québécois. Il a raison.

Les Québécois majoritaires

Mais le résultat n’est pas celui que les péquistes espéraient. Les Québécois sentent beaucoup moins le besoin de se serrer les coudes, de se mobiliser, de lutter, de prendre des risques aujourd’hui. Bref, une majorité de Québécois se comportent en majoritaires chez eux. Et ils ont leurs propres minorités qui les agacent...

Le PQ fait du sur-place en ce moment parce qu’il a évolué moins vite que ses électeurs. Il a besoin d’une sérieu­se réflexion pour les rattraper.

Le point de départ de cette remise en question pourrait être: comment assumer ses succès et passer à la prochaine étape?