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Le mirage des véhicules électriques

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Le gouvernement Couillard persiste et signe: il y aura bel et bien 100 000 véhicules électriques sur les routes du Québec d’ici quatre ans (2020). Vraiment?

Il faut dire qu’au cours des derniers jours, le gouvernement du Québec a sorti l’artillerie lourde pour nous vendre l’idée d’acheter une voiture électrique.

Le premier ministre, Philippe Couillard, le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, le ministre des Transports, Jacques Daoust, et le grand patron d’Hydro-Québec, Éric Martel, sont tour à tour sortis publiquement pour nous vanter les mérites de la voiture électrique.

Le gouvernement continue d’ailleurs de multiplier les annonces d’investissements dans des infrastructures de bornes de recharge. Des infrastructures financées à même le Fonds vert.

Or, sur le terrain, la réalité est d’un tout autre ordre. Les Québécois ne semblent pas avoir un intérêt particulier pour les voitures électriques. Les ventes demeurent très faibles même avec une subvention pouvant aller jusqu’à 8000 $ par véhicule.

Au 31 mars dernier, on dénombrait ainsi 9163 véhicules électriques, selon les données publiées par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), soit moins de 0,2 % du parc automobile québécois.

De fausses données

Des données erronées, selon l’analyste Dennis DesRosiers, de DesRosiers Automotive Consultants, qui publie chaque mois des statistiques sur l’industrie automobile.

Le nombre de véhicules entièrement électriques serait en fait deux fois moins important sur nos routes que le gouvernement veut le laisser croire, soutient M. DesRosiers dans un article publié sur le site web spécialisé Aufocus.ca.

Dennis DesRosiers soutient que le gouvernement du Québec gonfle artificiellement les chiffres réels concernant les véhicules entièrement électriques (100 %) en sol québécois.

Comment? Le gouvernement du Québec inclut dans les chiffres fournis par la SAAQ les ventes de véhicules hybrides rechargeables comme la Chevrolet Volt ou encore la Ford C-Max.

Ces modèles peuvent certes rouler en mode électrique. Mais ils sont aussi munis de moteurs à essence qui émettent des émissions de gaz à effet de serre. Ce sont donc des véhicules qui n’entrent pas dans la catégorie «émission zéro».

4278 unités

Chemin faisant, le nombre réel de véhicules entièrement électriques qui roulent sur les routes du Québec ne serait donc pas de 9163 comme l’indique le gouvernement Couillard, mais bien de 4278 unités, signale M. Desrosiers.

On est donc très loin des objectifs de la nouvelle Politique énergétique du Québec.

Pour atteindre l’objectif de 100 000 autos électriques en 2020 du gouvernement, les Québécois devront acheter au cours des quatre prochaines années près de 96 000 voitures.

Dennis Desrosiers va plus loin. Il soutient que, l’an dernier, le gouvernement du Québec a acheté plus de la moitié des véhicules électriques vendus au Québec pour les besoins de ses propres ministères.

«Non seulement le Québec dénature les chiffres de vente en incluant les rechargeables, mais il déforme la demande des consommateurs en incluant aux ventes au détail les unités qu’il a lui-même achetées pour ses parcs», a déploré M. Desrosiers sur Autofocus.ca. Ouch!