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Le pavillon Pierre-Lassonde ouvre ses portes

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Il est spacieux, lumineux, transparent, grandiose: on pourrait utiliser bien des qualificatifs pour décrire le nouveau pavillon Pierre Lassonde, qui s’avance sur la Grande Allée, et dont les médias en ont fait la visite, mercredi.

L’imposante structure en porte-à-faux, complètement vitrée, comprend sept salles d’expositions, un auditorium, une librairie-boutique, un restaurant et une cour intérieure fermée, adjacente à la prison et à l’église St-Dominique.

Ce qui frappe en premier lieu, après avoir passé la porte du grand hall vitré sous le porte-à-faux, c’est à quel point l’espace est baigné de lumière. «C’est l’exact contraire de la boîte noire à laquelle on associe un musée où on va aller s’enfermer. Ici, on n’a pas du tout cette impression. C’est une véritable promenade», a expliqué la directrice générale du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), Line Ouellet, en conférence de presse.

«C’est un hybride entre un design international et un design local», a affirmé l’architecte Shohei Shigematsu, directeur de la firme OMA et responsable du projet.

Il a affirmé que le principal défi était de dessiner «un bâtiment contemporain dans son contexte historique, a-t-il dit, faisant allusion à l’ancienne prison et à l’église St-Dominique, qui partage un mur mitoyen avec le musée. On a été inspiré par la richesse de la collection et la diversité des artistes», a-t-il ajouté.

Quebec
À l’intérieur, l’escalier en colimaçon qui fait les trois étages vole la vedette.
Photo Le Journal de Québec, Stevens LeBlanc
À l’intérieur, l’escalier en colimaçon qui fait les trois étages vole la vedette.

Un pavillon qui fait « wow »

Pour sa part, Pierre Lassonde souhaitait un pavillon qui fait «wow». Lors de son allocution, il a souligné l’importance de la philanthropie.

«Il va falloir que les grands philanthropes, la population, se mettent les mains dans les poches et aider les gouvernements si on veut avoir une vie artistique, culturelle, qui représente ce que nous sommes au Québec», a affirmé celui qui a donné dix millions pour la réalisation du projet, soit 10 % de sa valeur.

Il croit que l’impact qu’aura le musée sur Québec est «beaucoup plus grand qu’on peut le croire. Si vous regardez tous les grands musées qui ont été ouverts dans les dernières années, et que vous retournez voir les quartiers autour... ces musées ont changé la donnée des villes dans lesquelles ils sont.»

Quebec
L’architecte de la firme OMA, Shohei Shigematsu, la directrice générale du MNBAQ, Line Ouellet, et le philanthrope Pierre Lassonde, se sont adressés aux médias mercredi. 
Photo Le Journal de Québec, Stevens LeBlanc
L’architecte de la firme OMA, Shohei Shigematsu, la directrice générale du MNBAQ, Line Ouellet, et le philanthrope Pierre Lassonde, se sont adressés aux médias mercredi. 

Riopelle

Le nouveau pavillon est relié à la «vieille» partie du musée grâce à un passage sous-terrain qui fait 140 mètres de long.

C’était «enfin assez d’espace», selon Line Ouellet, pour exposer de tout son long la fresque monumentale de Jean-Paul Riopelle, L’Hommage à Rosa Luxembourg, dont la séquence narrative de trente tableaux mesure 40 mètres de longueur.

Le bâtiment muséal, qui porte le nom du philanthrope Pierre Lassonde, également président du conseil d’administration du MNBAQ, a mis quatre ans à être bâti depuis les premières pelletées de terre, et aura coûté 103,4 millions de dollars.

C’est le consortium d’architectes OMA, de New York, et Provencher-Roy de Montréal, qui sont responsables du design. Le pavillon permet de doubler la surface d’exposition du musée.

Le pavillon

En chiffres:

  • Une superficie de 14 000 mètres carrés.
  • Une façade vitrée de 26,5 de large, par 12,5 mètres de haut.
  • Un auditorium de 256 sièges.
  • Une terrasse au 3e étage pouvant accueillir 60 personnes.
  • 1186 panneaux de verre extérieur.

L’art québécois à l’honneur

Quebec
L’hommage à Rosa Luxembourg, de Jean-Paul Riopelle, est située dans le passage reliant le nouveau 
pavillon au pavillon Gérard-Morisset. 
Photo Le Journal de Québec, Stevens LeBlanc
L’hommage à Rosa Luxembourg, de Jean-Paul Riopelle, est située dans le passage reliant le nouveau pavillon au pavillon Gérard-Morisset. 

Non seulement la visite du pavillon Pierre-Lassonde vaut le détour pour simplement admirer sa beauté architecturale, mais il ne faut pas oublier qu’elle contient une liste impressionnante de nouvelles expositions à découvrir... qui sont tous des créations d’artistes de chez nous.

Les sept expositions inaugurées simultanément mercredi sont toutes consacrées à l’art contemporain des artistes québécois, de 1960 à aujourd’hui. Il y a plus de 38 000 objets d’art contemporain qui font partie de la collection du musée, et qui n’avaient jamais pu être exposés faute d’espace. Le nouveau pavillon permet de doubler l’espace d’exposition.

Commençons par le 3e étage, occupé par la salle consacrée à 184 objets d’art décoratif et de design. On y voit un clin d’oeil à l’Expo 67, et la torche olympique des Jeux de 1976, créée par Michel Dallaire, est exposée parmi du mobilier, des objets d’art graphique et de design industriel.

Dans la pièce suivante est présentée l’exposition Art inuit. La collection Brousseau Ilippunga, qui rassemble des oeuvres exécutées au cours des 60 dernières années, par 60 artistes inuit. Les oeuvres ont été réalisées à partir de matériaux puisés à même le sol, ou à partir de diverses parties d’animaux. L’imposante collection du collectionneur Raymond Brousseau a été acquise par le musée en 2005, grâce à un don.

D’autres expositions

Au 2e étage, on découvre l’exposition De Ferron à BGL. Art contemporain du Québec. Des tableaux grands formats qu’on n’avait jamais présenté, comme une abstraction géographique de Serge LeMoyne, et des oeuvres de Rita Letendre, Guido Molinari et Marcelle Ferron. Puis, on entre dans une salle consacrée aux oeuvres sur papier et en vidéo.

De nombreuses installations à grande échelle ponctuent le parcours, une des formes artistiques les plus influentes de la création contemporaine au Québec.

David Altmejd

Après avoir visité les sept expositions, il faut absolument traverser dans le pavillon Gérard-Morrisset, puisqu’on y a inauguré, mercredi, l’installation de l’oeuvre magistrale de David Altmejd, The Flux and The Puddle.

L’oeuvre a été prêtée au Musée national des beaux-arts pour une période de dix ans, et est décrite comme «un musée à l’intérieur d’un musée».