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Un rêve qui se réalise

John R. Porter fier du nouveau pavillon du MNBAQ

Quebec
Photo Le Journal de Québec, Stevens LeBlanc John R. Porter, président de la Fondation du Musée national des beaux-arts, a vécu «combat après combat» pour que l’agrandissement voie le jour. Il n’a jamais perdu espoir. 

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Quinze ans de travail et d’acharnement: c’est ce qu’il a fallu à John R. Porter pour célébrer l’aboutissement du projet d’une vie, après avoir eu l’idée de l’agrandissement du musée en juillet 2001.

«Je ne dirais pas que je me sens soulagé, mais je suis heureux, confie-t-il au Journal. C’est très rare dans la vie professionnelle que vous pouvez réaliser un rêve de ce type-là, de marquer le paysage de votre ville avec un monument tout à fait exceptionnel.»

En 2001, John R. Porter imaginait un édifice «ouvert sur la ville, avec façade sur la Grande Allée, qui pourrait être relié au complexe existant par un passage souterrain».

Quinze ans plus tard, presque jour pour jour, c’est exactement ce qu’il voit. «Il est lumineux, transparent, il est accessible. Ce sont toutes des valeurs que j’ai défendues.»

Après quelques années de cogitation, les opportunités concrètes sont arrivées en 2006, a-t-il raconté. Il a trouvé en Pierre Lassonde un partenaire et un mécène qui lui a permis de rendre le projet possible.

Modèle de financement unique

En 2007, M. Porter se rend à un voyage de pêche, la radio ouverte. «On entend Philippe Couillard, qui à l’époque est ministre responsable de la région de Québec. Il dit que si on arrive à se faire financer l’équivalent au fédéral de ce que son gouvernement veut mettre – en plus de l’argent dans le privé – il embarque. Je n’avais jamais vu ça, un financement comme ça, pour un équipement culturel.»

Le modèle de financement du nouveau pavillon est unique. «Si on n’avait pas eu un modèle original combinant l’engagement du fédéral, du provincial, du municipal et du privé, jamais, jamais on n’aurait eu notre projet», insiste-t-il.

Puis, l’année 2013 a été «l’année de tous les combats, affirme M. Porter. Il fallait tout réorganiser, convaincre le Conseil du trésor, la Société immobilière du Québec, les ministres responsables, le maire... tout le monde.»

Changer les lois

Parmi ses combats, John R. Porter a même dû faire changer certaines lois pour se permettre de faire plus d’acquisitions. En 2005, le collectionneur Raymond Brousseau a légué sa collection d’art inuit au Musée, la 4e en importance au Canada. Aujourd’hui, elle occupe une salle d’exposition dans le nouveau pavillon.

«Il fallait permettre de conjuguer dans une même opération un achat et un don. Donc la moitié de la collection Brousseau a été achetée grâce à Hydro-Québec, et l’autre moitié, il nous l’a donnée», explique-t-il.

De ce changement a découlé d’autres façons de faire. Par exemple, aujourd’hui, pour un tableau d’une valeur de 180 000 dollars vendu 120 000, l’artiste recevra un reçu d’impôt pour un don de 60 000 dollars. «Ça, ça existe maintenant dans tous les musées canadiens», se réjouit M. Porter.

Maintenant que le nouveau pavillon est inauguré, John R. Porter va prendre un peu de recul. Il a entre autres quelques voyages à l’horaire pour les prochaines années, dont l’Inde. «Je vais évidemment suivre le musée, mais plus à distance. J’ai toujours beaucoup de projets. J’ai deux livres en chantier. Je reste à la Fondation du musée, mais je ne serai pas là une éternité. Il faut savoir passer la main», conclut-il.

Chronologie des événements

  • Juillet 2001: John R. Porter imagine un plan d’agrandissement pour le Musée national des beaux-arts.
  • Juin 2005: Pierre Lassonde est nommé au conseil d’administration du Musée.
  • Automne 2006: Négociations pour acquérir le site du couvent des Dominicains, qui devait accueillir un projet immobilier.
  • Décembre 2007: Le gouvernement fédéral annonce qu’il appuiera le projet à hauteur de 33,7 millions de dollars.
  • Septembre 2008: En poste depuis 1993, John R. Porter quitte la direction générale du Musée, mais préside la Fondation et demeure commissaire du projet d’agrandissement.
  • Automne 2011: L’excavation massive du terrain débute.
  • Septembre 2013: Le coup d’envoi officiel du chantier de construction est donné.
  • Juin 2016: Inauguration officielle du pavillon.