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Valeurs mobilières Desjardins condamnées à verser 1 M$ à deux anciens employés

Valeurs mobilières Desjardins condamnées à verser 1 M$ à deux anciens employés

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RIVIÈRE-DU-LOUP | Valeurs mobilières Desjardins devra verser 1 million $ à deux employés qui ont été congédiés injustement pour avoir disposé de comptes dans des paradis fiscaux.

En 2011, les courtiers de Rivière-du-Loup Carol Jean et Benoît Leclerc avaient été mis à la porte par Valeurs mobilières Desjardins (VMD), en même temps que sept autres employés ailleurs en province.

On leur reprochait d’avoir eu des comptes et perçu des commissions à l’insu de leur employeur.

La nouvelle avait fait grand bruit et la réputation des deux courtiers avait alors été salie.

Congédiements injustifiés

En Cour supérieure, le tribunal a tranché que c’est VMD «qui a placé ses courtiers dans une position à risque [...] par ses règlements, son mutisme et sa politique de l’autruche».

Le juge Robert Legris, qui a qualifié Jean et Leclerc de courtiers de haut niveau, a déterminé que leurs congédiements n’étaient pas justifiés et que leurs activités offshore n’avaient rien d’illégal. Ils détenaient un compte peu actif aux Bahamas, pour un seul client non résident canadien.

Devenus des parias

À la suite de cette affaire, les deux courtiers se sont fait traiter de «bandits» par d’anciens clients, ont limité leurs sorties pour éviter le regard des gens et ont consulté des psychiatres. «J’ai mis un mois à sortir publiquement, quand ça a été diffusé dans les médias», se souvient Carol Jean.

Ils ont dépensé beaucoup d’argent et d’énergie pour laver leur réputation. «Le seul point important pour nous, c’est que nous estimons avoir rétabli notre réputation avec ce jugement», a ajouté monsieur Jean.

Impliqué dans son milieu, il dit avoir été condamné d’avance et traité comme un paria. Il a quitté Rivière-du-Loup pour travailler à Québec, où il se trouve encore aujourd’hui. Il n’entend pas revenir dans le Bas-Saint-Laurent.

Jugement

Valeurs Mobilières Desjardins devra donc verser 822 601 $ à Carol Jean et 242 835 $ à Benoît Leclerc, pour salaires et valeur de la clientèle perdus. Les employés réclamaient 2,7 M$, mais n’ont pas obtenu gain de cause en termes de dommages moraux et punitifs et atteinte à leur réputation. Les propos publics de VMD étaient raisonnablement compatibles avec la vérité, a estimé le juge.

Appel

Valeurs mobilières Desjardins a confirmé hier qu’elle irait en appel du jugement. Mentionnons que d’autres courtiers congédiés en 2011 sont également en processus juridique contre VMD.