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La clarté référendaire

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Le Royaume-Uni n’est pas le Québec et l’Europe n’est pas le Canada. Mais la victoire des sécessionnistes anglais, jeudi, nous permettra d’observer, en temps réel, un sujet dont nous avons, curieusement, très peu discuté ici au Québec: comment se passent les choses quand la campagne est finie et qu’on se retrouve face à une situation politique inédite, où tout est remis en question, et où chaque réponse reste à négocier?

Une campagne référendaire, où il n’y a que des OUI et des NON, devient vite grisante. Je comprends les Anglais d’avoir adoré l’idée de river leur clou aux eurocrates de Bruxelles, ou d’obliger les immigrants à demander la permission avant de s’établir dans leurs îles.

Lendemain de veille

Mais, en ce lendemain de veille, les mots-clés sont: «incertitude» et «à négocier». C’est déjà commencé. Le référendum a créé un vide politique en Angleterre. Le premier ministre a annoncé sa démission. Le Royaume-Uni risque de se disloquer: l’Écosse, l’Ulster veulent rester avec l’U.E. Les leaders sécessionnistes disent qu’il vaudrait mieux prendre du temps avant de se lancer dans les négociations: marché commun? Union monétaire? Visas? Alliance militaire? Mais, déjà, les gros canons de l’Europe disent non: on ne va pas tolérer l’incertitude très longtemps...

Une victoire, mais quel mandat ?

Au Royaume-Uni, le vote fut de 52 % à 48 %. Victoire démocratique du Brexit, donc. Sauf que... Sur plus de 33,5 millions de votes, à peine 1 360 000 voix séparent les deux camps. Il suffirait qu’à peine 2 % des électeurs en viennent à regretter d’avoir voté Brexit pour que leur pays se retrouve engagé dans une situation périlleuse, et irréversible, alors que la moitié de la population le déplo­re.

Une victoire, c’est une chose; un mandat fort, c’en est une autre.

Les Québécois devraient suivre de près ce qui va se passer de ce côté-là. Pas pour se conter des peurs. Pour prendre des leçons. De réalisme.