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Sans pitié pour les syndicats français

Régis Labeaume commente les récents mouvements de grève dans l’Hexagone

Régis Labeaume a profité de sa visite à Bordeaux pour commenter les divers mouvements sociaux et grèves organisées en France ces dernières semai­nes.
Photo Le Journal de Québec, Jean-François Desgagnés Régis Labeaume a profité de sa visite à Bordeaux pour commenter les divers mouvements sociaux et grèves organisées en France ces dernières semai­nes.

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BORDEAUX | À couteaux tirés avec les syndicats municipaux de Québec, Régis Labeaume n’hésite pas à s’en prendre vigoureuse­ment au modèle de syndicalisme... français.

«Un syndicat qui est minoritaire en termes d’adhésions se permet de contrôler l’accès au carburant! Je trouve le comportement de la CGT (Confédération générale du travail) épouvantable. Il y a un écœurement évident des Français là-dedans et un gap générationnel important, ici», a analysé le maire de Québec.

Ce dernier commentait les divers mouvements sociaux et grèves organisés en France ces dernières semaines. À Bordeaux, où il dirige une mission économique depuis mercredi, les poubelles débordent littéralement dans les rues à la suite d’un arrêt de travail des éboueurs.

Soutien à Juppé

Cette «rupture» entre les élites françaises et les jeunes pourrait être bénéfique pour la ville de Québec – et même pour la province –, qui tente d’attirer de la main-d’œuvre. «Il y a un découragement et une lassitude chez les jeunes Français. Ils sentent qu’il y a des barrières dans leur société et ils ont l’impression qu’ils ne sont pas écoutés. Ils en ont plein le dos de leur société hiérarchisée, a ajouté le maire. C’est pour ça, entre autres, que le Québec est attrayant.»

Régis Labeaume a également plongé de plain-pied dans la politique intérieure française en prenant fait et cause pour son ami Alain Juppé, en vue de l’élection présidentielle du printemps 2017. Il est d’ailleurs à noter que le maire de Québec qualifie systématiquement son homologue de Bordeaux de «futur président de la France».

M. Labeaume voit en M. Juppé la seule alternative à la «montée des extrémis­mes» incarnée, à ses yeux, par l’extrême droite de Marine Le Pen et par le leader d’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon. «Je souhaite ardemment qu’Alain Juppé soit élu comme candidat de la droite, puis qu’il devienne président. J’ai l’impression que la France en a besoin», a-t-il insisté.

Ingérence?

En montrant un appui aussi marqué, le maire Labeaume ne craint-il pas d’être accusé d’ingérence dans les affaires intérieures hexagonales? «Je m’en fous, j’ai le droit d’avoir mes opinions. On a le droit de ne pas être indifférent», a-t-il clamé.