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Entreprise blâmée pour des propos dégradants contre un employé

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Es-tu circoncis? Écoutes-tu du porno sur internet? Utilises-tu toujours la même main pour te masturber? Une entreprise de Terrebonne vient d’être blâmée par le Tribunal du travail pour le harcèlement dont a été victime un de ses employés.

Ce sont trois employés du quart de soir de l’usine de portes et fenêtres A.D.G. de Terrebonne qui ont harcelé pendant près d’un an Francis L., de janvier 2014 jusqu’au moment de sa démission en janvier 2015.

Les tourments qu’il a subis sont décrits en détail dans la décision qu’a rendue récemment le juge François Caron, du Tribunal administratif du travail.

Les commentaires ont commencé en janvier 2014; il s’agissait alors de blagues et de «tours» sans grandes conséquences. Puis, l’été suivant, les propos des trois collègues de travail sont devenus de plus en plus grivois, humiliants, embarrassants et vexatoires.

Ils avaient fait de Francis L., un homme de nature timide, leur souffre-douleur.

Supplices enregistrés

Le monteur-assembleur s’est résigné à ignorer les agressions verbales, pensant que cela résoudrait le problème. Au contraire, les insultes se sont multipliées. Il en était victime plusieurs fois par jour, à tel point qu’il a décidé d’enregistrer ses bourreaux à leur insu, à l’aide d’une petite enregistreuse de poche.

Les insultes portaient de plus en plus sur des sujets osés et sexuels. Les employés l’interrogeaient sur le nombre d’hymens qu’il avait déchirés, lui demandaient s’il se rasait la barbe avec le même rasoir qu’il utilisait pour ses poils pubiens, etc.

Ces derniers propos ont fait craquer le journalier, qui s’est isolé pour éclater en sanglots.

Ils l’ont mené à quitter son emploi, parce qu’il n’en pouvait plus.

Contremaître au courant

Dans sa décision du 14 juin, le juge Caron, du Tribunal du travail, a indiqué que l’employeur savait ou aurait dû savoir que les employés avaient des comportements qui tenaient du harcèlement.

D’autant plus que le contremaître du quart de soir, Sylvain Dubuc, avait en effet été mis au courant des agissements de ses jeunes employés, ceux-ci s’en étant vantés devant lui, selon la décision.

Devant le tribunal, l’employeur a tenté de faire valoir que l’employé n’avait pas déposé de plainte et n’avait pas dénoncé cette situation à ses supérieurs. L’entreprise a de plus souligné qu’elle n’a jamais eu de cas de harcèlement à traiter.

Le tribunal a conclu que l’entreprise avait manqué à son obligation de prévenir ou faire cesser le harcèlement psychologique.

Ni ce dernier ni l’entreprise n’ont donné suite aux demandes d’entrevue du Journal. Les sanctions seront déterminées à la mi-juillet, s’il n’y a pas de demande de révision d’ici là.

 
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