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Une écrivaine au cœur de la culture mohawk

<b>Guylaine Cliche</b><br>
<i>Paroles de paix en terre autochtone</i><br>
<b>Éditions Le Jour</b><br>
<b>280 pages</b>
Photo courtoisie Guylaine Cliche
Paroles de paix en terre autochtone
Éditions Le Jour
280 pages

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Après s’être imprégnée de la culture et des traditions mohawks en côtoyant les sages du Conseil traditionnel mohawk de Kahnawake, Guylaine Cliche offre un vibrant plaidoyer en faveur d’un monde meilleur dans un livre lumineux et très authentique, Paroles de paix en terre autochtone.

Pendant plus d’un an, Guylaine Cliche a recueilli les propos des gens du Conseil traditionnel mohawk, écouté leurs enseignements issus de la tradition orale et réfléchi aux idées et constats qu’ils apportent.

Les Mohawks, qui forment une société matrilinéaire, rappellent l’enseignement de la Lune, l’importance de la femme, source de la Création, et proclament l’urgence de redonner le pouvoir aux femmes dans la société d’aujourd’hui. Ils rappellent aussi de respecter et d’honorer notre Terre-Mère, avant qu’il soit trop tard.

Guylaine Cliche a choisi, dans son livre, de reproduire la structure du fameux cercle de parole traditionnel pour permettre à 15 personnes de neuf souches différentes de raconter leur histoire personnelle et partager leurs traditions orales. Les Mohawks sont représentés par Stuart Myiow Junior, du Clan du loup.

«Ça s’est bien passé parce que j’ai parlé avec sincérité», commente l’auteure en parlant de sa rencontre avec les gens de Kahnawake. «J’ai appris à assumer mon état de donneuse de vie auprès d’eux. J’ai pris conscience que le cycle de la femme est pareil à celui de la Lune. Quand tu prends conscience d’à quel point tu es liée à la création, c’est puissant. J’ai participé aux cérémonies de la Lune: je n’ai plus jamais regardé le ciel de la même façon, après.»

La place des femmes

La société mohawk, poursuit Guylaine, donne beaucoup d’importance aux femmes. «C’est ce qui fait que, pendant des centaines d’années, la paix a été maintenue: c’étaient les femmes qui dirigeaient. Les femmes, ce sont des donneuses de vie, ce ne sont pas des donneuses de mort.»

Les gens, dans la réserve, sont proactifs sur le sort des femmes autochtones. «Le Conseil traditionnel se promène depuis des décennies dans les manifestations et il prend la parole aussi souvent qu’il le peut pour porter ce message de redonner le pouvoir aux femmes, de protéger les femmes. Ce sont des gens d’action qui prennent position.»

Le message de paix, de responsabilité face à la planète, de conscientisation que le Conseil traditionnel souhaite partager avec le plus grand nombre, est d’une importance capitale, note Guylaine. «Ça presse. On est en train de raser les forêts, d’anéantir nos réserves d’eau potable au profit de gigaentreprises qui les exploitent. Il y a des réserves, dans le Nord, qui n’ont pas d’eau potable. Il faut qu’on se réveille.»

Se réveiller signifie, dit-elle, que chaque petit geste est important. «Ma partie à moi était d’écrire ce livre. Ce n’est pas tout le monde qui est obligé d’en faire autant, mais il faut que chacun fasse quelque chose.»


♦ Guylaine Cliche a séjourné à Kahnawake et travaillé avec les gens de cette communauté pour rédiger ce livre.