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La détention de Homa Hoodfar: grave violation de la liberté académique

La détention de Homa Hoodfar: grave violation de la liberté académique
PHOTO COURTOISIE/FAMILLE DE HOMA HOODFAR

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Arrêtée en Iran  le 6 juin dernier, Homa Hoodfar, professeure à l’Université Concordia n’a eu depuis aucun contact avec sa famille. Il appert également que son avocat n’a pu la rencontrer à la prison Evin de Téhéran où elle est détenue. Il ne lui a pas non plus été possible d’accéder à son dossier et de connaître ce qui lui est reproché.

Selon sa famille, la professeure Hoodfar « fait l’objet d’une enquête pour avoir pris part à des activités féministes et pour des questions de sécurité. »

L’impossibilité d’avoir des précisions sur ce que les autorités iraniennes reprochent à Mme Hoodfar est en soi une atteinte grossière à la dignité humaine.

Le site 45e nord rapporte que selon Aministie internationale, elle serait en détention à l’endroit même où la photographe pigiste irano-canadienne Zahra Kazemi avait été torturée et tuée en 2003.

Cette détention arbitraire constitue une attaque contre la liberté académique. Cette professeure d’anthropologie est connue pour ses travaux sur les femmes musulmanes dans plusieurs régions du monde.  Elle est associée à l’Institut Simone De Beauvoir de l’Université Concordia.

Dans un communiqué publié au sujet de la disparition de Mme Hoofar, l’Institut Simone de Beauvoir explique que :

« Tout au long de sa longue carrière à l’Université Concordia, la professeure Hoodfar a joué un rôle extrêmement important dans la vie de notre communauté universitaire. Le fait que la professeure Hoodfar puisse être arrêtée pour sa recherche sur les femmes nous apparaît comme un problème auquel il faut remédier de façon urgente. En effet, la recherche sur les questions liées aux femmes ne doit pas être considérée comme un acte criminel : elle fait partie intégrante des travaux nécessaires pour améliorer la condition des femmes, que ce soit en Iran ou au Canada. Nous exhortons donc vivement le gouvernement canadien pour qu’il travaille avec tous les outils à sa disposition afin d’assurer la libération immédiate de la professeure Hoodfar et son retour au Canada. »

Selon ce qu’on sait à ce jour, ce serait en raison de ses recherches que la professeure ferait l’objet d’enquêtes et serait détenue par les autorités iraniennes. Celles-ci lui reprocheraient de « fomenter une ‘révolution féministe’. »

Plusieurs milliers de chercheurs, professeurs et étudiants ont signé la pétition pour faire libérer Mme Homa Hoodfar.

Il est tout à fait inacceptable qu’une chercheure soit inquiétée simplement en raison du fait qu’elle conduit des recherches ou écrit des ouvrages sur un sujet qui déplaît à quelque autorité que ce soit. 

On ressent un profond dégoût devant ces procédés d’un État qui ignore les exigences élémentaires du respect des droits humains.  Cette fois, c’est une universitaire qui écope, mais hélas, personne n’est épargné par l’arbitraire qui prévaut dans certains pays.

Pétition pour la libération inconditionnelle et immédiate de la l’anthropologue irano-canadienne Homa Hoodfar