/news/politics
Navigation

Québec perd un chroniqueur respecté et écouté

Les chroniqueurs J.Jacques Samson et Karine Gagnon, en entrevue éditoriale avec le maire de Québec, Régis Labeaume, à son bureau de l’hôtel de ville, le 3 septembre 2010.
Photo d'archives, Le Journal de Québec Les chroniqueurs J.Jacques Samson et Karine Gagnon, en entrevue éditoriale avec le maire de Québec, Régis Labeaume, à son bureau de l’hôtel de ville, le 3 septembre 2010.

Coup d'oeil sur cet article

Québec vient de perdre un chroniqueur dont la voix portait, un homme de bon conseil, fin analyste et près des gens, ont exprimé mercredi les maires de Québec et de Montréal.

«Son jugement était le jugement le plus important des chroniqueurs de Québec. C’est le chroniqueur à Québec qui est le plus respecté et le plus compris», a affirmé sans détour Régis Labeaume.

Le maire de Québec était ébranlé quand Le Journal l’a joint en fin de soirée mercredi et lui a appris le décès du chroniqueur politique. Les deux hommes se sont croisés à plusieurs reprises au cours des dernières années.

«C’est un gars qui a ressuscité quand il est arrivé au Journal de Québec. Il s’est fait plaisir. Il a toujours dit ce qu’il pensait. Il a eu toute la liberté de dire ce qu’il pensait.»

«Connecté sur la population»

J.Jacques Samson, c’était le chroniqueur qui était «connecté sur la population», selon le maire de Québec. «C’est très rare en politique. Il était capable de sortir de la bulle. C’est un très grand journaliste de Québec.»

Pour cela, il avait une oreille attentive et un respect de la part des politiciens, estime M. Labeaume. «Ça donnait rien de conter des histoires à ce gars-là. Il méprisait les politiciens qui lui contaient des histoires. Et, malgré tout, il allait chercher le meilleur du monde.»

M. Labeaume a bien été écorché à quelques reprises par la plume de J.Jacques Samson. «Mais il avait raison. Et, quand il saluait mon travail, ça me faisait plaisir.»

Le pont entre les deux maires

C’est d’ailleurs J.Jacques qui a mis Régis Labeaume et Denis Coderre en contact pour la première fois au moment où ce dernier est arrivé à la mairie de Montréal. «Il était venu me voir à Montréal. Il m’a dit: “Régis n’est pas capable de te joindre.” Il a fait l’appel sur son téléphone et, à la blague, on s’est dit, Régis et moi: “Si on ne se voit pas à Québec ou Montréal, on va se rencontrer au Madrid!”», a relaté mercredi soir le maire de Montréal.

Très peiné d’apprendre le décès de son ami, à qui il parlait souvent de politique et d’autres sujets, M. Coderre a tenu à souligner les qualités de bon conseiller de J.Jacques Samson. Les deux hommes prenaient un café chaque fois que les affaires amenaient Denis Coderre à Québec. «C’est un choc.»

Avec le départ plus tôt cette année de Jean Lapierre, Québec et le Québec ont perdu en quelques mois deux piliers de l’information politique, soutiennent les deux maires.

«Quand J.Jacques écrivait quelque chose, donnait son opinion, c’est sûr que les gens écoutaient. C’est un homme d’une grande influence dans l’opinion publique. Il y avait une proximité. On recherchait son opinion», a exprimé M. Coderre.

«C’est une journée triste pour le monde des médias et pour le milieu politique. On va vraiment le regretter.»

Ce qu'ils ont dit

« Je suis sous le choc... c'est un monument, une mémoire journalistique, et le monde journalistique est en deuil.»

— Éric Caire, député caquiste de La Peltrie

« On vient de perdre deux maires de Québec et maintenant avec le départ de J.Jacques c'est tout une connaissance fine de la vie à Québec qui disparaît.»

— Agnès Maltais, députée péquiste de Taschereau

« Ça n’a pas de sens. Je l’ai vu la semaine dernière à la SAQ. Je lui ai dit, J.Jacques prend soin de toi. Je n’en reviens pas. Je l’ai connu comme Lévisien. À Lévis, tout le monde était fier de J.Jacques.»

— Gilles Lehouillier, maire de Lévis

« Ça m’attriste beaucoup. On s’est connu en 1984 et on a couvert toutes les campagnes ensemble. Je suis sonné. C’était un très grand travaillant. Encore aujourd’hui dans le monde politique c’est un monument.»

— Paul Larocque, animateur

« J.Jacques Samson a été un journaliste et un collaborateur qui a marqué l'histoire du Journal de Québec. Il a tracé la route à plusieurs jeunes journalistes.»

— Louise Cordeau, éditrice et chef de la direction, Le Journal de Québec

« J’ai adoré travailler avec J.Jacques. Comme gestionnaire, c’est un homme qui cherchait toujours des solutions. Comme chroniqueur, Il s’exprimait avec une clarté exceptionnelle, un modèle à suivre. Comme homme, il était d’une honnêteté et d’une fidélité à toute épreuve. Il va nous manquer énormément.»

— Dany Doucet, vice-président information Groupe Média et rédacteur en chef du Journal de Montréal

« C'est avec beaucoup de tristesse que j'apprends le décès de J.Jacques ce soir. C'était un chroniqueur politique de grand talent, un passionné. Il va tous nous manquer.»

— Lyne Robitaille, présidente et éditrice, Le Journal de Montréal, et vice-présidente principale, journaux, livres et musique Groupe Media