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Le déluge - 20 ans plus tard: Intervention jamais vue au Québec

La plus grosse opération de la Croix-Rouge à ce jour

Claudie Laberge, directrice de la gestion des urgences pour l’organisation et citoyenne de Saguenay.
Agence QMI Claudie Laberge, directrice de la gestion des urgences pour l’organisation et citoyenne de Saguenay.

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Avec 1700 bénévoles sur place et des dons de l’ordre de 29 M$, le déluge du Saguenay demeure la plus grande intervention de la Croix-Rouge au Québec. L’exercice a d’ailleurs permis de voir naître des programmes d’aide qui sont encore utilisés à ce jour, et ce, partout dans le monde.

D’un point de vue opérationnel, les inondations du Saguenay ont été plus importantes que la tragédie de Lac-Mégantic qui, malgré le drame immense et les nombreuses pertes de vies humaines, avait requis trois fois moins de personnel sur place.

Claudie Laberge, directrice de la gestion des urgences pour l’organisation et citoyenne de Saguenay, travaillait comme coordonnatrice auprès des bénévoles en 1996. Elle était de garde, dans la nuit du 19 au

20 juillet, lorsqu’elle a été informée que la rivière à Mars débordait. La Baie évacuait des citoyens, tout comme Ferland-et-Boilleau. «Les gens étaient affolés. On les accueillait, ils nous racontaient ça dans le feu de l’action», se souvient-elle.

À entendre les sinistrés, Mme Laberge et son équipe ont vite réalisé que les inondations n’avaient rien de banal. C’est au lever­­ du jour, vers 4 h 30 du matin, qu’ils ont mesuré l’ampleur de la situation alors que «des arbres, des galeries, des morceaux de maisons et un torrent de boue qui prenait de plus en plus d’ampleur» frappaient La Baie.

À l’époque, la Croix-Rouge venait de former des équipes d’intervention d’urgence, rappelle-t-elle. L’organisation pouvait compter sur une base de bénévoles compétents, certes, mais «rien à voir avec la capacité­­ opérationnelle d’aujourd’hui», qui comprend quelque 5000 bénévoles formés partout en province.

Programme

Tous ont appris des inondations, qui ont notamment permis de jeter les bases du programme Prévoir l’imprévisible, seul programme éducatif canadien axé sur les catastrophes et destiné aux enfants. «Les jeunes avaient peur quand il pleuvait beaucoup. Ils étaient demeurés craintifs, il fallait donc faire un programme, et c’est toujours actif», explique-t-elle.

Le succès du programme est tel qu’il a traversé les frontières. Il a aujourd’hui été téléchargé par des écoles de partout dans le monde, assure la Croix-Rouge. L’organisme a été en activité pendant 13 ans au Saguenay­­, déployant­­ divers programmes d’aide financière en fonction des besoins des sinistrés­­, qui ont été 18 880 à recevoir de l’assistance.

«C’était une des premières fois au Québec qu’on faisait ça. Et la base de ces programmes-là existe­­ encore aujourd’hui. On est toujours dans les besoins essentiels­­: héberger les gens, alimentation, habillement», illustre-t-elle.

Sommes partagées

Notons que sur les 29 M$ amassés en dons, plus de 27 M$ ont été versés aux sinistrés­­ du Saguenay.

Les sommes restantes ont été partagées lors d’autres sinistres au Québec, dont les inondations survenues en Gaspésie, en 2007, et en Montérégie, en 2011. Ce fonds dispose encore d’un montant de 500 000 $.