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20 ans plus tard: Lucien Bouchard était «désemparé» par l'ampleur du désastre

Le premier ministre de l’époque, Lucien Bouchard, s’était rendu à L’Anse-Saint-Jean le 26 juillet 1996. On le voit en compagnie de Jacques Brassard, alors ministre, et de l’homme d’affaires Pierre Péladeau, aussi sur les lieux.
Photo d'archives, Le Journal de Québec Le premier ministre de l’époque, Lucien Bouchard, s’était rendu à L’Anse-Saint-Jean le 26 juillet 1996. On le voit en compagnie de Jacques Brassard, alors ministre, et de l’homme d’affaires Pierre Péladeau, aussi sur les lieux.

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«J’étais désemparé. C’est une nature qui est devenue cruelle, qui est sortie de ses gonds et qui a fait des choses inimaginables.»

Lorsque les pluies diluviennes ont fait gonfler les rivières du Saguenay pour ensuite dévaster le paysage de la région et balayer ses rues et ses maisons, Lucien Bouchard, alors premier ministre du Québec­­, était en vacances en Californie.

«État d’urge­nce»

«Les gens de mon cabinet m’ont joint et ils m’ont dit qu’il y avait un état d’urgence qui s’était constitué dans le contexte de pluie extrêmement importante qui dépassait toutes les statistiques et que c’était pire que prévu, qu’il se créait une situation désastreuse», se rappelle l’ancien homme d’État­­. «On devait absolument rentrer pour gérer ce sinistre-là.»

Il a sauté dans le premier avion et s’est rendu directement­­ au Saguenay. Élu à de nombreuses reprises au fédéral dans la région et député provincial de Jonquière à l’époque, Lucien Bouchard avait le cœur gros. Il a parcouru la région en hélicoptère afin de constater la catastrophe.

«Je n’en revenais pas de l’ampleur du désastre. De petits ruisseaux étaient devenus des torrents», se souvient M. Bouchard.

«C’était incroyable, j’ai vu un barrage qui avait sauté et des lacs où il n’y avait plus d’eau. C’était partout des endroits que je connaissais», évoque celui­­ qui a été premier ministre du Québec de 1996 à 2001 avec le Parti québécois.

Agir

Malgré les émotions, il a rapidement dû se ressaisir. Il devait agir comme un homme d’État. Il avait de grandes responsabilités. Mais par où commencer?

«C’est quelque chose qui n’était jamais arrivé avant. Dans ce temps-là, il faut inventer les modes d’intervention», déclare Lucien Bouchard. De retour à Québec, il a réclamé un conseil des ministres spécial.

«On a commencé à mettre en vigueur un train de mesures d’intervention, de mesures de secours, d’aide financière», relate-t-il, soulignant la gravité de la situation.

Le gouvernement du Québec devait agir vite et être­­ efficace, se souvient M. Bouchard.

«On était inquiets et désemparés, mais on ne pouvait pas l’être longtemps, on devait se mettre en mode­­ action. C’est ce qu’on a fait. On a pris le taureau par les cornes. On était le gouvernement et on avait les moyens. On a tout activé. On a tout mis en œuvre pour rétablir la situation. Et on l’a fait.»