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Le surdiagnostic génère des coûts de plusieurs millions de dollars

Un congrès international se tiendra à Québec l’an prochain

Le doyen de la faculté de médecine à l’Université Laval, le Dr Rénald Bergeron.
Photo d’Archives Le doyen de la faculté de médecine à l’Université Laval, le Dr Rénald Bergeron.

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L’Université Laval sera l’hôte, en août 2017, d’un congrès international sur le surdiagnostic, qui génère des coûts inutiles de plusieurs millions de dollars pour le système de santé québécois.

«Les professionnels de la santé doivent se pencher sur la pertinence des soins pour qu’on arrive à mieux répondre aux besoins de la population avec les limites des ressources. L’objectif n’est pas de restreindre l’accès aux soins, c’est de mieux choisir. On peut changer une valve cardiaque chez un patient de 89 ans, mais s’il a un cancer avancé, est-ce que cela va augmenter son espérance de vie? Risque-t-on de lui infliger des souffrances inutiles?» s’interroge le doyen de la faculté de médecine de l’Université Laval, le Dr Rénald Bergeron.

Entre 700 et 1000 participants sont attendus au Centre des congrès de Québec du 17 au 19 août 2017 pour cette 5e Conférence internationale sur le surdiagnostic. L’Université Laval prépare ce congrès en collaboration avec l’Association médicale du Québec (AMQ) et l’Association médicale du Canada (AMC).

Tests préopératoires inutiles

En mars dernier, l’AMQ a fait état de nombreux cas de surdiagnostic au pays. Ainsi, près de 30 % des patients souffrant de maux de dos passent un scan, alors qu’aucune indication ne le justifie. De 18 % à 35 % des patients ayant subi une intervention chirurgicale mineure et qui ne présentaient pas de risque élevé ont dû passer des tests préopératoires inutiles, selon l’AMQ.

L’association médicale donne d’autres exemples: quelque 17 000 patients atteints de cancer ont reçu un traitement n’apportant qu’une faible valeur thérapeutique, tandis que 9000 autres patients en fin de vie ont été admis dans une unité de soins intensifs.

Selon le Dr Bergeron, un débat important doit être fait au sujet du surdiagnostic et du surtraitement. «La technologie qui a été développée nous sert très bien, mais parfois trop», souligne-t-il.