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«Marqué au fer rouge» par la noyade de sa conjointe

M. Beaudin croit qu’il ne s’en remettra jamais.
Photo courtoisie, Henri Beaudin M. Beaudin croit qu’il ne s’en remettra jamais.

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«Marqué à vie» par la noyade sous ses yeux de sa conjointe lors du déluge, Henri Beaudin est, 20 ans plus tard, toujours aussi enragé par les circonstances entourant ce tragique incident.

«T’es marqué au fer rouge et tu as la rage dans le cœur pour le reste de tes jours», a lâché M. Beaudin après avoir d’abord refusé de parler de ce souvenir, sachant dans quel état ce retour en arrière allait le mettre.

Selon la version du veuf, vers 5 h du matin, le samedi 20 juillet, lui et sa conjointe Murielle Paquet, propriétaires d’un garage sur la Côte-Nord, avaient reçu un appel de la Sûreté du Québec afin de porter secours à des automobilistes tombés dans une crevasse.

Emportée par le fleuve

Sautant dans sa remorqueuse, le couple se dirige vers l’endroit où quatre personnes sont finalement décédées à Baie-Trinité, mais le véhicule est arrêté par une nouvelle crevasse qui coupe la route 138. Faisant demi-tour, le conducteur ne peut aller bien loin puisqu’une autre rivière qu’il venait de traverser avait fait sauter un ponceau derrière eux. Pris au piège, le couple a alors tenté de traverser la rivière par la plage, Henri Beaudin réussit difficilement la traversée, mais Murielle Paquet est emportée par le courant avant de s’agripper à un rocher.

«Je me suis viré de bord et elle était assise sur une roche. Elle m’a dit inquiète toi pas pour moi, mais il est arrivé une vague qui l’a sacrée en bas de la roche et ç’a été fini, elle est partie», relate son conjoint.

Frustration

«Je ne me suis jamais remis de ça, c’est impossible. Tu es 30 ans avec une personne et tu la vois se noyer à 200 pieds de toi et tu es impuissant», raconte l’homme. M. Beaudin en veut particulièrement à la SQ de l’époque, qui a nié avoir appelé le garagiste afin qu’il se rende aider les victimes du déluge sur la 138. L’homme est d’autant plus frustré qu’il n’a jamais eu d’aide pour passer par-dessus le drame. «J’ai été un corps sans âme pendant une secousse.»