/misc
Navigation

Le déluge 20 ans plus tard: à pied d’œuvre pour les sinistrés

L’ex-ministre Jacques Brassard était renversé par l’ampleur des dégâts

«C’est par hélicoptère qu’on pouvait voir quel dégât ça comportait, a mentionné Jacques Brassard. Les dégâts étaient immenses.» À gauche, l’homme d’affaires Pierre Péladeau s’était aussi rendu sur place. On le voit avec M. Brassard.
Photo d'archives, Le Journal de Québec «C’est par hélicoptère qu’on pouvait voir quel dégât ça comportait, a mentionné Jacques Brassard. Les dégâts étaient immenses.» À gauche, l’homme d’affaires Pierre Péladeau s’était aussi rendu sur place. On le voit avec M. Brassard.

Coup d'oeil sur cet article

L’ex-ministre Jacques Brassard a su dès les premiers instants que la tâche pour remettre le Saguenay sur ses pieds serait colossale, qu’elle demanderait de la créativité et beaucoup d’argent.

Dès qu’il a survolé la région, Jacques Brassard, alors ministre des Transports, «mesurait déjà l’ampleur de la tache». Il se souvient d’avoir été renversé et époustouflé.

Les communications et les routes étaient coupées, le gouvernement devait agir vite. Un comité interministériel pour la reconstruction a été créé. «On a fait des actions inédites. On se rendait bien compte que les programmes existants ne seraient pas adéquats pour s’attaquer à un désastre aussi grand et énorme», relate M. Brassard, expliquant que la première décision du gouvernement a été de suspendre les règles habituelles concernant la construction de ponts et de routes. «Ça veut dire qu’il n’y avait plus d’appels d’offres. C’est sérieux. On attribuait les contrats».

Nouvelles règles

Les règles environnementales ont aussi été mises au placard afin d’accélérer le processus de reconstruction. «On ne pouvait pas attendre les évaluations. Il y avait des routes qui étaient bloquées. Il y avait des municipalités qui étaient complètement isolées», souligne l’ex-ministre. Les travaux se sont étalés sur plusieurs mois. Durant la reconstruction, Jacques Brassard a adopté près de 70 décrets. «On a inventé de nouveaux programmes pour répondre à l’ampleur du désastre.»

Après référendum

Au total, la reconstruction a coûté 1,5 milliard $. Le gouvernement du Québec avait besoin de l’aide du gouvernement fédéral pour payer les programmes. Cependant, le déluge est survenu quelques mois après le référendum de 1995. La tension entre le gouvernement Bouchard et Chrétien était toujours palpable.

«Le Québec a fait sa part. Mais on s’est tourné vers le fédéral qui a un programme pour les catastrophes naturelles. Il est très généreux, à condition qu’on se classe», admet-il. Les ministres responsables ont accepté de mettre leurs différends de côté pour le bien des sinistrés. «On a signé une entente.»