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Triomphe au clair de lune

Après Éric Lapointe, Half Moon Run remplit le parc de la Francophonie

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Le rock planant de Half Moon Run a trouvé une piste d’atterrissage parfaite au parc de la Francophonie, mardi soir, où des milliers de fans ont savouré avec enthousiasme, sous un clair de lune qui n’a pas échappé à l’attention des membres du groupe, chaque seconde d’un concert sans aucune fausse note.

Au cœur d’une fulgurante ascension, le groupe montréalais a été accueilli en triomphe par les festivaliers, qui ont rempli le site agrandi du Pigeonnier. C’était le deuxième soir consécutif, après Éric Lapointe la veille, que le parterre ne suffisait pas à la demande.

D’entrée de jeu, les quatre musiciens ont été plus qu’à la hauteur de l’accueil des fans. Ils ont attaqué avec Turn Your Love et I Can’t Figure Out What’s Going On, deux titres de leur récent album Sun Leads Me On qui leur ont permis de déployer des lignes de guitares incisives.

«Merci Québec, je suis tellement content d’être là pour célébrer la musique, célébrer l’amour», a lancé le batteur Dylan Phillips.

Une mer de cellulaires

De l’amour, Half Moon Run en a reçu sous la forme d’une mer de cellulaires allumés lorsqu’ils ont joué la ballade Unofferable, durant laquelle Conner Molander a dégainé pour la première fois son harmonica. Ce même Molander a joliment mis la table par quelques pas de danse à It Works Itself Out avant que la communion avec le public se scelle définitivement lors d’une virée de trois chansons dans l’album Dark Eyes.

Durant Call Me in the Afternoon, Devon Portielje s’est mis à sauter sur place, les bras en l’air, pendant que la foule prenait son pied avec bonheur.

À plusieurs reprises, le groupe a montré qu’il est capable de mettre de côté les ambiances atmosphériques pour brasser la cage.

À ce titre, il faut souligner l’apport de Portielje, qui a joué de la guitare comme un possédé sur The Debt ainsi que Consider Yourself, quand il a utilisé ses dents pour gratter les cordes.

Une finale en force

Servie en fin de parcours et chantée à l’unisson, Full Circle avait aussi du mordant, de quoi terminer en force un concert rock de haut calibre.

Half Moon Run ne s’est pas contenté de bien rendre son matériel. Il s’est aussi présenté à Québec avec une mise en scène de bon goût qui misait sur des jeux de lumière qui épousaient à la perfection les crescendo de ses chansons.

Un tel assemblage ne laisse guère de doute. La prochaine fois qu’on les verra au Festival d’été, ce sera sur les plaines d’Abraham.

Foreign Diplomats

Le groupe Foreign Diplomats a fait très bon usage des cinquante minutes à sa disposition avant le concert de Half Moon Run. Leur indie pop dansante a eu un effet contagieux sur les festivaliers, qui ont accordé une belle ovation au quintette des Laurentides.

Les Diplomats ont fait belle impression autant par leurs solides compositions, parfois agrémentées de jolies insertions de cuivres (Mexico), que leur énergie animale sur scène. Les cinq gars se sont démenés comme des diables. Le claviériste Thomas Bruneau-Faubert, aussi excité que peut l'être Will Butler d'Arcade Fire, a même fini par se retrouver torse nu.

Signe qu'on voit grand pour eux, les Diplomats partagent le même producteur, Brian Deck, que le groupe américain Modest Mouse. Et ça se sent, particulièrement dans le chant d'Élie Raymond, qui rappelle par certaines intonations celui d'Isaac Brock. Une belle découverte.

Jesse Mac Cormack

Le Montréalais Jesse Mac Cormack a ouvert la soirée avec son folk rock planant pas très éloigné de l'univers de Half Moon Run, distorsion en prime.

Protégé du label Secret City Records (Patrick Watson), Mac Cormack fait beaucoup parler de lui dans les milieux indie. Vrai que son matériel passe très bien la rampe, surtout les pièces propulsées par la batterie. Il n'hésite pas non plus à sortir des sentiers battus en multipliant les brusques changements de tempo. Sa prestation a plu à une bonne partie du public.

Cela dit, Mac Cormack et ses trois musiciens devront cependant connecter de façon plus soutenue avec la foule. Pendant une large portion du concert, mardi, on avait l'impression que les gens jouaient pour eux-mêmes. Les enchainements parfois longs entre les chansons n'ont pas aidé à ce niveau.