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Le déluge 20 ans plus tard: ils sauvent douze jeunes d’une noyade certaine

«C’est arrivé soudainement. Ce phénomène météo-là s’est développé très vite. Pour des gens isolés en forêt, il n’y avait aucun moyen de le voir venir», mentionne le leader du groupe Marcel Savoie. Notre mésaventure a duré 36 heures».
Photo Le Journal de Québec, Annie T Roussel «C’est arrivé soudainement. Ce phénomène météo-là s’est développé très vite. Pour des gens isolés en forêt, il n’y avait aucun moyen de le voir venir», mentionne le leader du groupe Marcel Savoie. Notre mésaventure a duré 36 heures».

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Prisonniers du déluge, douze adolescents qui participaient à un camp d’aventure en canot sont revenus sains et saufs chez leurs parents grâce au sang froid et au courage des trois moniteurs.

Récipiendaires de la médaille du civisme, Marcel Savoie, Chantal Paquette et Karl Robitaille, menaient l’expédition phare du camp de vacances Parcours Aventure Cap Jaseux près de Chicoutimi. Le jour où la pluie a commencé, la troupe se trouvait en canot-camping sur la rivière Sainte-Marguerite.

Le vendredi après-midi, le groupe s’arrête et installe le campement sur les berges de la rivière. Après avoir observé les lieux, Marcel choisit une plage avec un chemin qui semble mener à la route.

Déluge

Vers 23 h, une fois que les jeunes dormaient, l’eau s’est mise à monter. Marcel Savoie a réveillé tous les campeurs. En pleine noirceur, ils ont installé un camp dans le bois.

«Avec un fanal, une lampe de poche et une hache, parce qu’il n’y avait aucune place pour monter des tentes. «Je pensais que le lendemain tout allait être beau et qu’on allait se faire sécher», mentionne-t-il.

Certain d’avoir placé les jeunes en sécurité, Marcel s’est recouché, gardant un œil sur la rivière. Mais, rapidement, il a entendu crier. «Il y avait de l’eau dans les tentes», indique Marcel. La rivière venait de sortir de son lit et l’eau montait rapidement, arrachant même les petits arbres au passage.

Détrempés, frigorifiés à cause de la pluie et de la rivière, ils ont tout mis dans les canots. Marcel tenait à ce que tous les jeunes restent groupés, portent leur veste de flottaison et prennent leur canot.

Seul problème, les canots étaient accrochés à des arbres. Dans le noir, Marcel a plongé pour détacher le canot principal, refusant de couper les cordes afin que tous puissent rester unis. «L’important c’était d’avoir un moyen de transport pour sauver nos équipements. Une des règles en survie, c’est qu’on a plus de chance de survivre grâce à nos possessions», explique Marcel.

Réussissant à regrouper tout le monde et le matériel, ils ont marché dans l’eau qui les suivait et montait durant toute la nuit, jusqu’au lever du soleil.

Retour

Ils ont suivi le chemin aperçu par Marcel lorsqu’ils ont installé le campement. Au petit matin, le groupe a mangé une salade de patate préparée la veille pour reprendre des forces. Ainsi, à la lumière du jour, Marcel et ses acolytes ont pu retrouver la route et le groupe a été rescapé.

Encore aujourd’hui, Marcel est ému en racontant cette histoire. Il sait qu’il a changé la vie de nombreux jeunes. «Un père m’a dit merci. Que son fils était un enfant en arrivant au camp et qu’au retour il était devenu un homme», souligne-t-il, les larmes aux yeux.