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Le déluge 20 ans plus tard: des héros qui étaient venus du ciel

Les pilotes d’hélicoptères ont travaillé sans relâche

Les hélicoptères de Bagotville ont survolé la région pendant trois semaines pour aider les sinistrés​. Le commandant Jean-François Gauvin (photo) a fait monter Le Journal dans son appareil afin de survoler la région qui a été dévastée il y a 20 ans.
Photo Le Journal de Québec, Annie T Roussel Les hélicoptères de Bagotville ont survolé la région pendant trois semaines pour aider les sinistrés​. Le commandant Jean-François Gauvin (photo) a fait monter Le Journal dans son appareil afin de survoler la région qui a été dévastée il y a 20 ans.

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Avec 18 hélicoptères affrétés, les militaires et la base de Bagotville ont joué un rôle essentiel dans la mission de sauvetage du Saguenay. Des souvenirs intenses pour ceux qui étaient impliqués dans cette opération.

Jeune pilote d’hélicoptère de l’escadron de recherche et sauvetage de la base de Bagotville, le commandant Jean-François Gauvin a fait monter Le Journal dans son appareil afin de survoler la région qui a été dévastée il y a 20 ans. Cachées dans ses souvenirs, son retour au-dessus des points chauds du déluge lui rappelait des anecdotes.

Au-dessus de la rivière Chicoutimi, il se souvient d’avoir constaté que la résidence d’un collègue avec qui il volait était complètement submergée. «Ses meubles flottaient au deuxième étage. Il était découragé, mais il n’y a rien que tu peux faire.»

En montrant l’étendu du lac Ha! Ha! qui s’était vidé après l’effondrement d’une digue, le spectacle désolant lui est aussi revenu en tête. «Il restait une piscine olympique d’eau dans le fond, c’était incroyable», raconte-t-il.

42 heures de suite

Pierre Bettez était pour sa part le bras droit du commandant lors du déluge. Croyant n’avoir que quelques directives à donner, M. Bettez s’est présenté à la base avec un «gilet troué». «Au début, c’était un peu de l’improvisation, puis le poste de commandement s’est activé. Notre formation a payé parce que tout s’est emboîté», estime celui qui donne une bonne note à l’ensemble des intervenants.

Affairé aux communications, il avoue avoir négligé les médias au départ estimant avoir mieux à faire. Or, il s’est rapidement rendu compte que ceux-ci étaient «une courroie de transmission» essentielle pendant la crise.

Le militaire estime avoir travaillé sans arrêt pendant 42 heures avant de se coucher. «Il paraît que je dégageais une odeur assez nauséabonde», lance-t-il en riant.

«Sur les limites»

Ingénieur de bord sur les Griffons, Luc Dubé admet que l’urgence a obligé les militaires à prendre quelques risques calculés pour évacuer les sinistrés. «On était vraiment sur les limites constamment, c’était les évacuations la priorité. Des règlements, il y en avait encore, mais il y avait urgence.»

Son calepin de vol fait même état d’un transport avec 25 personnes à bord, adultes, enfants, et animaux, pour évacuer Ferland-et-Boilleau alors que l’appareil compte 15 places. «On a évacué des gens qui ne voyaient plus que la cheminée de leur maison émerger de l’eau», relate-t-il.