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«J’aime arriver dans un lieu où je n'ai aucun repère» –Olivier Barrette

ART-LA PETITE REINE
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

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Acteur et chanteur, Olivier Barrette est aussi un jeune homme curieux qui aime vivre en terre étrangère. Ses longs séjours en Europe lui ont été bénéfiques. Celui qui a joué dans Unité 9 avant même d’avoir son diplôme du Conservatoire d’art dramatique raconte le parcours qui l’a mené à devenir comédien, comme son père, Michel Barrette.

Olivier, on peut dire que vous aimez voir du pays!

«Je n’ai jamais fait de voyage avec un simple sac à dos. En fait, ce que j’aime, c’est me “délocaliser” pendant très longtemps. Je l’ai fait pour la première fois à 18 ans. Nous avons reçu une étudiante allemande à la maison dans le cadre d’un échange, puis j’ai été à mon tour dans sa famille durant trois mois. J’y ai appris l’allemand. Au début, je n’arrivais à rien dire, mais au bout de quelques mois, j’ai commencé à parler la langue. Ensuite, j’ai habité deux ans en Angleterre et une dizaine de mois en Écosse.»

Puis vous êtes revenu au Québec, n’est-ce pas?

«Oui, je suis revenu étudier en ­design graphique, un domaine dans lequel je me suis trouvé un emploi. Un an plus tard, j’ai eu envie d’aller en Catalogne, où il y avait un éveil nationaliste. Des milliers de personnes marchaient pour réclamer l’indépendance et l’autonomie de cette ­région d’Espagne. Les gens voulaient un statut pour la Catalogne. Ça m’a ­intéressé, car je suis indépendantiste. J’ai même appris à parler catalan.»

Pour quelle raison avez-vous ­quitté la Catalogne?

«Il m’était difficile d’obtenir un ­permis de travail. C’est pourquoi je suis plutôt allé vivre à Berlin, il y a deux ans.»

Vous semblez avoir un attachement particulier à l’Allemagne.

«Oui! D’ailleurs, quand je suis allé à Berlin, j’ai enclenché le processus de résidence et j’ai commencé à travailler là-bas. Je me voyais y vivre pendant de longues années. Par contre, au bout d’un an, la routine du travail ­m’ennuyait. J’ai ainsi réalisé que, ­depuis toutes ces années, ce n’était pas tellement l’endroit où j’étais qui était le problème, mais le travail que je ­faisais.»

Et que désiriez-vous faire?

«Je souhaitais aller dans une école de théâtre. Au départ, je voulais suivre des cours en Allemagne, mais ce n’est pas recommandé de faire cette formation dans une autre langue. Je suis donc revenu à Montréal. J’ai repris l’emploi que j’avais avant de partir, j’ai fait les auditions, et ça a marché! J’ai vraiment été chanceux dans ma série de coups de tête!»

Qu’est-il advenu de votre désir de vivre à Berlin?

«Si j’y étais resté, je serais devenu ­citoyen, mais je n’ai aucun regret. Je peux toujours y retourner quand je veux!»

Pourquoi rester aussi ­longtemps dans les pays que vous découvrez?

«J’aime arriver dans un lieu où je n’ai aucun repère et m’y installer. J’aime habiter dans de nouvelles places pendant des mois, voire des années.»

Quand vous êtes à l’extérieur du ­Québec, vous ennuyez-vous de vos proches?

«Oui, mais avec internet, on peut entretenir ses amitiés à distance. D’ailleurs, il y a certains de mes amis québécois que je vois plus souvent lorsque je suis en Europe que quand je suis au ­Québec!»

Quels sont les meilleurs souvenirs que vous gardez de tous vos voyages?

«Ce sont les amis que je me suis faits. En Europe, la vie est semblable à celle de Montréal. Ce n’est donc pas très ­dépaysant, et une fois qu’on parle la langue de l’endroit où on est, tout est simple!»