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Les 20 ans du déluge: indemniser de façon humaine

Denis Landry, directeur de la Direction du rétablissement et Éric Houde, directeur des opérations à la Sécurité civile.
Photo Le Journal de Québec, Stevens LeBlanc Denis Landry, directeur de la Direction du rétablissement et Éric Houde, directeur des opérations à la Sécurité civile.

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Alors que les pluies diluviennes s’abattaient sur le Saguenay et que les autorités faisaient tout en leur pouvoir pour évacuer les sinistrés, la Sécurité civile travaillait déjà sur «l’après-déluge», multipliant les efforts pour assurer un éventuel retour à la normale.

Le téléphone sonne au chalet de Denis Landry, en vacances. Il est minuit, dans la nuit du 19 au 20 juillet 1996. Le directeur de l’aide financière à la Sécurité civile – division aujourd’hui rebaptisée «rétablissement» - est attendu à 6 h du matin à Québec pour une réunion d’urgence. C’est le déluge au Saguenay.

«J’ai été mandaté pour aller évaluer les dommages. Il fallait commencer à quantifier et penser comment on allait donner de l’aide financière», se souvient-il. Alors que l’équipe des opérations s’assure de gérer la tragédie avec les différents partenaires, M. Landry met tout en place afin de rencontrer les sinistrés une fois la crise passée.

«On avait un objectif: mettre un toit sur la tête de tout le monde. Et celui qui est sinistré, il est dans le besoin», explique celui qui estime avoir travaillé «100 heures par semaine» dans les moments phares.

La situation relevant du jamais-vu, de nombreux programmes d’aide financière ont dû être inventés pour répondre aux besoins. M. Landry estime qu’une cinquantaine de décrets ont été émis pour assurer le versement des sommes nécessaires.

«La loi faisait en sorte que tu développais un programme chaque fois et on avait besoin d’un décret chaque fois. Aujourd’hui, c’est normé. Les formulaires sont déjà faits, c’est informatisé. Mais ce n’était pas standardisé à l’époque», dit-il.

Plus rapide

Denis Landry a aussi dû multiplier les embauches afin d’évaluer les différents sinistres. C’est que la Sécurité civile n’avait pas alors sa banque d’experts spécifiquement formés pour agir lors de ces drames. «On en avait plein les bottes. Là-bas, on avait engagé tous les experts en sinistres», lance-t-il.

Les versements d’aide financière n’étaient pas non plus aussi rapides qu’aujourd’hui. «On rencontre la famille et 24 à 48 heures plus tard, on lui transmet un chèque. Au Saguenay, on a été capable de sortir l’argent, mais ça prenait un certain temps», précise-t-il.

La Sécurité civile tire d’ailleurs un bilan positif de son intervention, en 1996. «Tout a été No 1. Les réflexes ont été bons à l’époque. Mais maintenant, tout est organisé», résume le directeur des opérations, Éric Houde.