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Une relecture adoptée à l’unanimité

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Photo Agence QMI, Stevens Leblanc

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Quelques jours avant la présentation de la version opéra de Starmania, en 2008, Luc Plamondon était sur le qui-vive dans une des corbeilles du Grand Théâtre de Québec. Le parolier s’attendait au pire.

«Je “freakais” bien raide», a-t-il laissé tomber lors d’un entretien, à quelques jours d’une nouvelle série de huit représentations, à l’occasion du sixième Festival d’opéra de Québec.

Luc Plamondon replonge dans des souvenirs qui sont encore tout frais dans sa mémoire.

«L’attachée de presse de l’Opéra de Québec m’avait précisé que je devais m’atten-dre à ce que la salle se vide du tiers et peut-être de la moitié après l’entracte, lors de la représentation suivant la première médiatique, où l’on retrouve une clientèle constituée d’abonnés», a-t-il raconté.

Succès surprise

On ne croyait pas que cette œuvre «populaire» plairait à un public qui se nourrit des grands classiques de l’opéra.

«Il n’y a pas une seule personne qui a quitté la salle. Les chanteurs ont tous eu droit à des ovations, et c’était plus gros que lors de la première médiatique. Et ce fut comme ça durant toutes les 10 représentations», a-t-il fait remarquer, avec un plaisir évident.

Huit ans après ce succès presque inattendu, la version opéra de Starmania est de retour pour cinq représentations au Grand Théâtre de Québec, à partir du 30 juillet.

Une version qui met en vedette la distribution originale avec Marie-Josée Lord, Lyne Fortin, Marc Hervieux, Pascal Charbonneau, Étienne Dupuis, Raphaëlle Paquette et Krista de Silva, dans une mise en scène de Michel Lemieux et de Victor Pilon.

Tous les décors de l’époque, qui appartenaient à l’Opéra de Montréal, qui était coproducteur en 2008, avaient été démolis. De tout nouveaux décors ont dû être construits.

Rencontre déterminante

Une série de hasards sont à l’origine de la version opéra de cette œuvre, créée en 1978 et qui raconte trois histoires d’amour dans un futur où planent les spectres du terrorisme et du totalitarisme. Une œuvre qui résonne encore très fort en raison de la situation mondiale actuelle.

«En 2002, lors d’un séjour à l’hôtel du Capitole, j’ai remarqué une affiche qui annonçait le concert Plamondon symphonique avec l’Orchestre symphonique de Montréal. C’était en soirée et je m’y suis pointé. Il y avait des ténors et des sopranos et Marc Hervieux, que je ne connaissais pas, qui chantaient mes chansons. Il avait chanté, à ma surprise, le Blues du businessman et il avait reçu une ovation. J’ai réalisé à ce moment que c’est quelque chose qui pouvait se faire en opéra», a-t-il indiqué.

L’Orchestre symphonique de Montréal a ensuite monté une version lyrique de Starmania pour sa série de concerts pop mettant en vedette Marc Hervieux, Gino Quilico, Marie-Josée Lord et Lyne Fortin, avec des arrangements du chef Simon Leclerc.

Grégoire Legendre, directeur général et artistique de l’Opéra de Québec, a rencontré Luc Plamondon dans les coulisses pour lui demander si ça pouvait se faire en ­opéra.

«Ça répondait à mon attente, et l’idée était lancée pour le 400e de la ville de Québec», a mentionné le parolier originaire de Saint-Raymond, dans Portneuf, qui fait partie depuis l’automne dernier du conseil d’administration de l’Opéra de Québec.

Notre-Dame de Paris

Est-ce que l’œuvre Notre-Dame de Paris pourrait, un jour, être présentée sous la forme d’un opéra?

Luc Plamondon indique que l’Opéra de Montréal l’en supplie depuis des années, tout comme la mécène Jacqueline Desmarais, qui est très active dans le milieu de l’art lyrique.

«Richard Cocciante, qui a écrit les musiques, a un blocage total. Pourtant, il a grandi en Italie et il a été nourri d’opéra jusqu’à l’âge de 13 ans. Il en a peut-être fait une overdose», a-t-il lancé.

Luc Plamondon poursuit depuis 10 ans le travail d’écriture d’une comédie musicale sur des musiques de Schubert.

«Je suis rendu aux deux tiers et j’aimerais, dans un premier temps, qu’elle soit chantée par des chanteurs populaires. Elle pourrait être reprise, par la suite, par des chanteurs lyriques», a-t-il fait savoir.


L’opéra Starmania est présenté les 30 et 31 juillet et les 1er, 3 et 4 août à 20 h, à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec. Le Festival d’opéra de Québec se déroule du 24 juillet au 6 août. Toute la programmation est en ligne à l’adresse festivaloperaquebec.com.