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Amour et solidarité en marge de la tragédie

Louis-Marie Bouchard est géographe; il a écrit des ouvrages sur les collectivités régio­nales du Québec.
Photo courtoisie Louis-Marie Bouchard est géographe; il a écrit des ouvrages sur les collectivités régio­nales du Québec.

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Pour son deuxième roman, Déluge, publié chez Michel Brûlé, le géographe Louis-Marie Bouchard a tissé une histoire d’amour et de solidarité en la situant en parallèle avec le fameux déluge du Saguenay.

L’auteur a imaginé que des lettres, des journaux intimes et des notes ont révélé la vie personnelle du couple Pearson-Bellavance après que le sous-sol d’une résidence eut été éventré par le courant lors du déluge de 1996.

Ces documents lui permettent de faire un flash-back dans les années 1950, au cœur d’une petite communauté déchirée par les rivalités et méfiante face à l’arrivée d’une famille de métis innus. Mado, l’aînée de cette famille, devient le personnage central du roman: sa vie difficile lui donne la force et l’énergie de s’occuper des femmes en difficulté et, pendant la crise de 1996, elle devient responsable du soutien aux sinistrés.

«Je voulais prendre un cadre bien connu et dramatique comme prétexte à une histoire qui, finalement, n’a pas tout à fait à voir avec l’événement. C’est la petite histoire dans la grande histoire», explique Louis-Marie Bouchard en entrevue. «On entre dans l’histoire par le déluge... et on en sort par le déluge.»

Comme géographe, il explique que le déluge a «démoli tout ce qu’on pensait connaître des rivières, de la météorologie et du climat.» «Il est tombé des quantités phénoménales d’eau au Saguenay et sur la Côte-Nord en l’espace de trois ou quatre jours. Le terrain a été complètement imbibé d’eau, de sorte que cette eau s’est retrouvée dans les rivières et que ça a débordé un peu partout, à un point qu’on n’avait jamais pu prévoir.»

Impact social

Cet événement a également eu un impact social énorme, rappelle-t-il, «celui de créer une solidarité là où il n’y en avait peut-être pas». «C’est pour ça que, dans le roman, apparaît à certaines occasions une solidarité insoupçonnée entre les deux rives de la rivière ou entre les deux communautés riveraines.»

Le livre de Louis-Marie Bouchard sera présenté au Musée de la Petite maison blanche de Chicoutimi à l’occasion d’une exposition spéciale consacrée au déluge de 1996.

EXTRAIT

 

 
«Sur le plateau de Laterrière, là où elle récupère son souffle après une succession de chutes et de rapides, la petite rivière prend le temps d’égratigner l’argile pour se donner de belles lignes méandreuses. Elle se laisse paresser à cet endroit, glisser en couleuvre parmi la dizaine de petits chalets accrochés à ses courbes. Après que les rives des lacs Clair, Emmuraillé et autres, eurent commencé à se vendre à prix trop fort, plusieurs personnes avaient choisi de construire des résidences d’été sur les rives de la Pipawitich. »
 
— Louis-Marie Bouchard, Déluge, Éditions Michel Brûlé