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Les citoyens de Port-Daniel divisés

La construction de la cimenterie McInnis coûtera 450 M$ de plus

cimenterie Port-Daniel
Photo Karyne Boudreau La directrice des communications de Ciment McInnis, Maryse Tremblay, a expliqué le dépassement de coût par des améliorations, notamment une bonification des équipements de chargement des navires au terminal maritime et par certains éléments qui ont été sous-estimés au départ.

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PORT-DANIEL | Les citoyens de Port-Daniel sont davantage préoccupés par les problèmes environnementaux amenés par la cimenterie McInnis dans leur village que par les dépassements de coût de 450 millions de dollars.

À la fin de juin, le projet industriel qui générera le plus de gaz à effet de serre de l’histoire du Québec, la cimenterie de Port-Daniel-Gascons, faisait les manchettes, alors que Québec estimait que 450 millions de dollars s’ajouteront aux 1,1 milliard de dollars estimés en 2014.

Pour la majorité des citoyens rencontrés à Port-Daniel ces jours-ci, les dépassements annoncés ne sont ni inquiétants ni surprenants. «Sur des gros contrats comme ça, les dépassements de coût sont fréquents. La météo et différents imprévus sont toujours là», a dit Richard Gagnon, un travailleur du chantier de Port-Daniel qui est dans le domaine de la construction depuis 47 ans.

«C’est normal, les dépassements de coût. Il y en a en éducation, en santé, sur tous les gros chantiers. Il y en a partout», a opiné, sans vouloir se nommer, une citoyenne, soulignant que la cimenterie rapporte énormément en ce moment aux commerces de la place.

Une fois en activité, la cimenterie pourrait rapporter plus d’un million de dollars en taxes annuellement à la municipalité, en plus de créer une centaine d’emplois directs.

Craintes et frustrations

Sous le couvert de l’anonymat, plusieurs citoyens s’inquiètent cependant de voir leur village de bord de mer changer de visage. «C’est une catastrophe. Ça va “scrapper” Port-Daniel. L’équivalent de la flotte automobile de Montréal en pollution. L’air respirable, un village qui sent bon, c’est terminé!» a lancé un citoyen, avant de refuser de se nommer, prétextant qu’il ne voulait pas se mettre ses concitoyens à dos.

Même son de cloche d’un pêcheur de homards rencontré sur le quai et qui s’est dit très inquiet des retombées potentielles sur son gagne-pain. «C’est flou pas mal quand ils nous parlent. Ils construisent sans savoir, on dirait. Mais, en dehors de notre cercle de pêcheurs, c’est difficile d’en parler ouvertement avec le monde ici, qui pense plus aux emplois et à l’économie.»

Pierre Deschamps a pour sa part décidé de parler ouvertement parce qu’il en a assez, dit-il, de voir notamment qu’une dizaine de familles n’ont pas encore été dédommagées par Ciment McInnis, même s’ils subissent le dynamitage et le bruit du chantier depuis près de deux ans.

«On parle de 0,002 % du total de l’investissement; je ne comprends pas pourquoi la compagnie ne règle pas avec ces gens qui doivent demeurer silencieux s’ils veulent avoir quelque chose», a dit M. Deschamps.

«Les gens ne sont pas d’accord, mais n’arrivent pas à se positionner parce qu’ils ont peur et qu’ils ont besoin de tous ces emplois», a dit pour sa part Marie-France Turmel, ajoutant craindre énormément pour l’eau, tant celle de la mer que l’eau potable.

 

Le projet en chiffres

  • 1,7 million de tonnes de CO2 par année
  • Coûts du projet: 1,5 milliard $
  • Capacité de 2,2 millions de tonnes pour exportation aux États-Unis
  • Emplois directs: 100

 

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