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Une députée appréciée

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C’est avec ce mélange trop fréquent de surprise et de tristesse que nous avons appris le décès de Sylvie Roy dimanche soir.

Avant de penser à la politique, voir partir une femme de 51 ans, maman de deux enfants, c’est tragique. Ça l’est d’autant plus que la députée d’Arthabaska jouissait de l’estime de l’ensemble de ses collègues.

Très sympathique et même rigolote, elle a été approchée par tous les partis qui auraient bien aimé reprendre sa circonscription, où elle était solidement implantée. Élue dans Lotbinière trois fois, elle avait dû se rabattre sur Arthabaska à la suite du redécoupage de la carte électorale. Deux élections plus tard, elle n’y était pas plus délogeable.

Tenir le fort

C’est une phrase souvent répétée et à laquelle les gens n’accordent pas assez de foi, mais il y en a, des élus, à l’Assemblée nationale, qui travaillent d’abord et avant tout pour leur monde. Sylvie Roy en faisait partie.

Élue en 2003, alors que l’Action démocratique du Québec aspirait à la victoire, mais avait connu plutôt une débandade, elle a tenu le fort pendant plusieurs années aux côtés de Mario Dumont et de deux autres députés.

Les hauts et les bas se sont enchaînés, de sorte qu’après avoir formé l’opposition officielle et avoir à nouveau effleuré le pouvoir, elle a dû retourner à l’Assemblée nationale sans chef en 2008. Il fallait garder le navire à flot.

C’est lors de cette législature qu’elle s’est le plus illustrée, notamment en étant la première à réclamer une enquête publique sur la construction. Cela lui valut les injures des députés libéraux.

Traitée injustement

Paradoxalement, c’est pendant ce même mandat que les choses ont mal tourné pour Sylvie Roy, alors que la CAQ a avalé l’ADQ. N’eût été cette députée, il n’y aurait probablement plus eu de parti à fusionner.

Le courant n’est jamais passé entre François Legault et elle. Incompatibilité de caractère? Volonté de rompre avec le passé adéquiste? Difficile à dire. Il demeure néanmoins que Sylvie Roy n’a pas été traitée à sa juste valeur.

Puis est survenue sa rupture définitive avec la CAQ. La manière dont cette affaire a été gérée par l’entourage du chef a eu quelque chose de disgracieux.

C’est triste que le parcours d’une députée volontaire et appréciée se soit terminé de cette manière.

Le travail de nos élus

Il serait inconvenant de conjecturer sur les circonstances du décès de Mme Roy. La cause de sa mort n’est pas encore connue.

Reste néanmoins qu’il s’agit d’une occasion de réfléchir aux réalités du travail de nos élus. On a beaucoup discuté au cours des derniers mois de la difficulté à concilier politique et famille. Il fallait le faire.

Rappelons toutefois qu’il y a d’autres aspects qui rendent la vie politique difficile. Sylvie Roy avait su les affronter avec une certaine détermination. C’est une députée qui faisait de la politique pour les bonnes raisons qui nous a quittés dimanche.