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Le patron de la mégacimenterie de Port-Daniel limogé, après des dépassements de coûts astronomiques

cimenterie McInnis de Port-Daniel
Photo courtoisie

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Le patron d’un mégaprojet de cimenterie en Gaspésie piloté par la famille Beaudoin-Bombardier et hautement financé par des fonds publics vient de perdre son emploi, quelques semaines après que des dépassements de coûts de 450 millions $ eurent été révélés.

«Christian Gagnon n'est plus à l'emploi de Ciment McInnis et un processus de recrutement international est en cours pour identifier un nouveau président-directeur général», a indiqué l’entreprise en fin d’après-midi mardi par voie de communiqué.

Le communiqué dit que Ronald Bougie est nommé, immédiatement, vice-président exécutif, ingénierie, construction et opérations.

Il «est reconnu pour son expertise dans la construction de grands projets industriels. Il a notamment dirigé le chantier de Stornoway, projet dans lequel la Caisse de dépôt et placement du Québec a investi».

L’annonce du départ survient quelques semaines après que le quotidien torontois «The Globe and Mail» eut révélé que des dépassements de coût de 450 millions $ affligent la construction de la cimenterie McInnis, considéré comme le projet industriel le plus polluant de l’histoire du Québec.

«Un nouveau comité de direction est mis en place pour prendre charge de la gestion de l'entreprise jusqu'à la nomination du prochain président-directeur général», dit l’entreprise par communiqué.

«Ces changements constituent une première étape importante d'un plan pour assurer le succès de ce projet», ajoute Ciment McInnis.

Projet polluant
L’érection de la cimenterie McInnis devait initialement coûter au départ près de 1,1 milliard $, réparti entre trois actionnaires, la famille Beaudoin-Bombardier, la Caisse de dépôt et Investissement Québec. En plus de cette participation active, le gouvernement du Québec a fait un prêt de 250 millions $ à l’entreprise familiale.

Dans une entrevue accordée à la chaîne Argent en 2012, un porte-parole de la firme National, Denis Boucher, avait même assuré que le projet de mégacimenterie ne nécessiterait aucune injection d’argent public.

La ministre pas contente
La ministre de l’Économie Dominique Anglade a confirmé la mauvaise nouvelle en juin sur les dépassements de coûts.

Elle avait été mise au courant de cet état de fait en mai. «Personne n’était content d’apprendre ça», a-t-elle lancé aux médias à la sortie du conseil des ministres à Québec.

Selon la porte-parole de l’entreprise, Maryse Tremblay, il est trop tôt pour dire si la Caisse de dépôt devra réinjecter de l’argent dans le projet. «On annoncera les choses en temps et lieu», a-t-elle dit lorsque contactée par TVA Nouvelles, mardi.

En juin, Mme Anglade a promis qu’aucuns fonds publics additionnels ne seront versés pour payer ces dépassements de coût. «Nous demandons une mise à jour mensuelle, nous exigeons une garantie que les sous-traitants québécois seront rémunérés. Nous voulons aussi un plan clair à long terme pour le financement de l’entreprise», a-t-elle dit.