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Réparation dangereuse pour les cyclistes

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Des cyclistes qui empruntent en grand nombre le boulevard du Lac leur permettant de faire une boucle autour du lac Beauport soutiennent que l’asphaltage raté de l’accotement met leur sécurité en danger.

Certains cyclistes préfèrent le nouveau bitume malgré les risques.
Photo Nicolas Saillant
Certains cyclistes préfèrent le nouveau bitume malgré les risques.

Au cours des dernières semaines, le ministère des Transports a procédé au réasphaltage de tout le boulevard du Lac de l’autoroute Laurentienne à Charlesbourg jusqu’au centre de ski le Relais au Lac-Beauport. Si la nouvelle route fait la joie des automobilistes, les cyclistes sont au contraire perplexes devant les travaux exécutés.

C’est que le nouveau bitume ne couvre que les deux voies sans excéder sur l’accotement, pourtant en très mauvais état. Préférant rouler sur de l’asphalte neuf plutôt que dans les cailloux, les craques et les nids-de-poule, plusieurs cyclistes circulent donc en bordure de la voie de droite à quelques centimètres des véhicules roulant à 70 km/h.

« Décevant »

«C’est dangereux», lance Jocelyn Légaré, un résident de Lac-Beauport qui prend régulièrement ce circuit. Il admet se déplacer sur la partie neuve tout en ayant une certaine crainte. «Trente centimètres, ce n’est pas large, c’est beaucoup trop près des autos», déplore-t-il.

Plusieurs trous n’ont pas été réparés sur l’accotement.
Photo Nicolas Saillant
Plusieurs trous n’ont pas été réparés sur l’accotement.

«Ici, la seule chose qu’ils avaient à faire, c’était de rajouter de l’asphalte», expose Stéphane qui roulait aussi avec ses amies directement sur la mince bande d’asphalte neuve.

«C’est un peu décevant pour nous les cyclistes», disait Ariane qui espérait avoir une piste d’entraînement neuve lorsque les travaux d’asphaltage ont débuté. «J’ai souvent fait des crevaisons, il y a beaucoup de bosses», poursuivait-elle. «En plus, ils n’ont même pas fait le ménage, c’est rempli de cailloux», ajoute un autre cycliste rencontré.

« Économie de bout de chandelle »

Le fondateur de Vélurbaniste.com, Yan Turgeon, déplore la décision du MTQ qu’il qualifie «d’économie de bout de chandelle». «On devrait paver 1,5 mètre de plus pour les vélos, c’est une erreur d’analyse, quelqu’un l’a échappé», constate celui qui a eu des plaintes.

De l’équipement encombrait la voie cyclable, forçant les adeptes du vélo à employer la route.
Photo Nicolas Saillant
De l’équipement encombrait la voie cyclable, forçant les adeptes du vélo à employer la route.

VéloQuébec travaille pour sa part à une meilleure coordination entre les intervenants. «Ce qu’on souhaite, c’est que, lorsque le ministère fait des travaux, qu’il y ait systématiquement concertation avec les municipalités», indique Marc Jolicoeur.

Le MTQ n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue.