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Assemblée nationale: des flammèches entre Labeaume et les syndicats

Tension palpable entre les maires et les syndicats à l'Assemblée nationale

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Le passage du maire Labeaume à l’Assemblée nationale a causé des flammèches avec les syndicats des employés municipaux, qui refusent de revoir le processus de négociation des conventions collectives.

Les auditions publiques sur le projet de loi 110 s’apprêtaient tout juste à commencer que Régis Labeaume, premier à se faire entendre en commission parlementaire, a gentiment invité le directeur québécois du SCFP, Marc Ranger, à se trouver une place assise ailleurs que derrière lui avec les dirigeants de son syndicat.

«Non. Je veux protéger vos arrières», lui a aussitôt rétorqué M. Ranger, dans une salle pleine à craquer. «Toujours aussi aimable», a laissé tomber le maire de Québec, en prenant place malgré tout. L’échange a notamment été capté par la caméra de TVA Nouvelles.

«J’avais plein d’amis dans le dos, même M. Ranger, qui voulait absolument être dans le kodak, s’est assis juste derrière moi», a plus tard raconté brièvement M. Labeaume, en impromptu de presse.

Chacun campe sur ses positions

Sur le fond, chacun campe sur ses positions. Les syndicats réclament le statu quo et à défaut d’alléger de façon importante le cadre suggéré dans le projet de loi, ils réclament son retrait pur et simple du menu législatif.

«Ce projet de loi-là n’a aucune utilité au moment ou on se parle. [...] Il n’y en a pas de problème», a déclaré le président de la FTQ, Daniel Boyer.

«Nous, on pense qu’il faut amener le régime de négociation des conventions collectives dans le secteur municipal au 21e siècle», a signalé le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux.

«La notion aujourd’hui, c’est la capacité de payer des contribuables», a expliqué à son tour le maire de Montréal, Denis Coderre. [...] On a des responsabilités et on ne veut pas augmenter les taxes plus haut que l’inflation.»

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) souhaite que la possibilité de recourir à un arbitre soit évacuée du projet de loi. Sauf pour les policiers et les pompiers, qui n’ont pas le droit de grève.

Ce qu’ils ont dit

«Les conventions collectives actuelles sont le fruit de dizaines d’années de compromis par les villes, durant lesquelles elles ont privilégié la paix sociale et évité de longs et coûteux conflits de travail.»
– Caroline St-Hilaire, présidente du Caucus des grandes villes de l’UMQ et mairesse de Longueuil

«Après la loi 15 sur les régimes de retraite, c’est encore une autre attaque contre les employés du secteur municipal.»
– Daniel Boyer, président de la FTQ

«Jamais une ville a eu recours à l’arbitrage. Ce sont les syndicats qui le font. Ça ne fait pas partie de la culture qu’une ville s’en remette à un arbitre. On est des élus et on veut décider. Et c’est ce que ce confirme le projet de loi.»
– Bernard Sévigny, président de l’UMQ et maire de Sherbrooke

«On ne veut plus rien savoir des arbitres. [...] La loi force les parties à s’entendre.»
– Régis Labeaume, maire de Québec