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Qu’est-ce qui explique le phénomène du déjà-vu?

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Sentez-vous que vous avez déjà lu cet article? Si oui, c’est peut-être votre cerveau qui effectue un test de contrôle sur votre mémoire.

Le cerveau est une chose bien étrange. Combien de fois peut-on murmurer «pourtant, j’aurais juré que...» dans une même semaine? Ces moments - qui peuvent même nous faire douter de la réalité - intriguent les scientifiques depuis longtemps.

L’ancienne hypothèse était que les déjà-vu sont des faux souvenirs créés par le cerveau. Or, Akira O’Connor, un chercheur de la University of St.Andrews, au Royaume-Uni offre une nouvelle explication. Il a présenté le fruit de ses études au Colloque international sur la mémoire le mois dernier, à Budapest.

Induire un déjà-vu

Avec son équipe, il a induit un sentiment de déjà-vu chez des volontaires. Les chercheurs leur ont présenté une suite de mots tous reliés par une même idée, mais sans mentionner cette idée conductrice. Par exemple: «lit», «rêve», «oreiller», mais aucune mention du mot «sommeil».

Par la suite, les chercheurs ont demandé aux volontaires s’ils se souvenaient d’avoir entendu un mot qui commence par la première lettre de l’idée conductrice - dans le cas de l’exemple, un mot qui commence par la lettre S. Les volontaires répondaient normalement par la négative. Tout va bien jusqu’à maintenant.

Puis, les chercheurs ont demandé aux volontaires s’ils avaient entendu le mot de l’idée conductrice - ici, le mot «sommeil». Puisque tous les autres mots étaient fortement reliés à cette idée conductrice, ceci a créé cette impression de déjà-vu chez les volontaires, qui se sont dits «mais pourtant, j’aurais juré que...».

«Ceci suggère qu’il y a une sorte de résolution de conflits dans le cerveau lors d’un déjà-vu», mentionne Stefan Köhler, un collègue d’O’Connor.

Une autre zone!

Pendant que tout ça se passait, les chercheurs surveillaient l’activité cérébrale des volontaires. Surprise: ce n’était pas la zone associée à la mémoire qui s’allumait sur les scans, mais plutôt la zone associée à la prise de décision.

Un déjà-vu serait donc un conflit entre ce qu’on a expérimenté et ce qu’on croit qu’on a expérimenté. O’Connor croit que la zone associée à la prise de décision effectue un test de contrôle sur la mémoire, afin de vérifier s’il y a des erreurs.

Source additionnelle: New Scientist