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La BDQ de retour au musée

BDQ : L’art de la 
bande dessinée 
québécoise
Musée québécois 
de culture
populaire
Photo courtoisie BDQ : L’art de la bande dessinée québécoise Musée québécois de culture populaire

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Alors que plusieurs pensent – à tort – que le 9e art québécois n’a qu’une quinzaine d’années d’existence, d’autres seront tentés de croire qu’il entre au musée pour la première fois de son histoire.

En juin dernier, le Musée québécois de culture populaire de Trois-Rivières inaugurait l’exposition BDQ: L’art de la bande dessinée québécoise. Nul doute que les conjonctures favorables (multiplicité des structures éditoriales ­locales, engouement médiatique sans précédent, variété de l’offre) ont rendu possible une telle entreprise.

Pourtant, la BDQ n’en est pas à sa première exposition. Déjà en 1976, André Carpentier, Serge Jongué et Jacques Samson présentaient au Musée d’art contemporain de Montréal La bande dessinée québécoise (1902-1976), suivie 21 ans plus tard des Aventures de la bande dessinée québécoise signée Mira Falardeau pour le compte du Musée du Québec. L’année suivante, le Musée des beaux-arts de Sherbrooke lançait l’exposition La bande dessinée made in Sherbrooke, pilotée par Richard ­Langlois. À l’automne 2013, 15 auteurs maison des Éditions de La Pastèque ­investissaient le Musée des beaux-arts de Montréal dans le cadre des célébrations de leur 15e anniversaire.

L’exposition qu’héberge le Musée ­québécois de culture populaire jusqu’au 28 janvier 2018 se distingue de ses prédecesseures par son orientation résolument éducative. Son commissaire, François Bourdage, souhaitait consacrer une exposition au comics ­Héritage, ces traductions québécoises rabibochées de superhéros qui ont assailli les kiosques à journaux de la Belle Province de 1968 à 1987. L’institution muséale a finalement opté pour une présentation d’une vingtaine de créateurs actifs ­issus de différents horizons, publié tant ici qu’à l’étranger.

Les coulisses de la création

Ainsi, les auteurs de Paul, des Nombrils, d’Aspic, de Jérôme Bigras, de Red Ketchup et compagnie ­lèvent le voile sur les coulisses de la ­production d’un album de bande dessinée. Une partie de l’exposition est également dédiée au fanzinat – important pan de la production locale depuis les quatre dernières décennies, témoignant de la richesse et de la spécificité de ­notre bande dessinée – dirigée par l’essayis­te et historien de la bande dessinée québécoise Michel Viau.

Ludique, participative, pimpante et immersive, cette exposition conviviale plaira à toute la famille. Certains aficionados demeureront toutefois sur leur faim, entre autres du fait que plusieurs illustres créateurs brillent par leur ­absence, mais aussi parce qu’elle se consacre uniquement à la production contemporaine. C’est néanmoins un bel honneur accordé à un médium qui a longtemps bataillé afin d’acquérir une légitimité.

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