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Les prix des véhicules pourraient monter

Les concessionnaires craignent l’arrivée des quotas de vente de voitures électriques imposés par Québec

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Photo afp Selon la CCAQ, ce n’est pas que les constructeurs et les concessionnaires ne veulent pas vendre de véhicules électriques, mais les consommateurs ne sont pas prêts à en acquérir, pour l’instant.

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Les prix des véhicules à essence pourraient augmenter sous l’effet des quotas de vente de voitures électriques que le gouvernement Couillard s’apprête à imposer aux constructeurs automobiles.

«Il est possible que les prix des autres véhicules augmentent», ont prévenu les dirigeants de Constructeurs mondiaux d’automobiles du Canada (CMAQ), à l’ouverture de la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 104 «visant l’augmentation du nombre de “véhicules zéro émission” (VZÉ)»

À compter de 2018, le projet de loi 104 obligera les constructeurs d’automobiles à atteindre des quotas de vente de véhicules électriques sous peine de devoir payer des redevances au gouvernement. Chaque vente de VZÉ procurera des crédits au concessionnaire. Un nombre de crédits insuffisant pourrait entraîner une pénalité de 5000 $ par crédit manquant, évoque David Heurtel dans un mémoire remis au conseil des ministres.

Absorber les pertes

«Chaque constructeur automobile absorbe déjà des pertes à chaque vente de véhicule électrique», a signalé CMAC. Les amendes à payer ou les crédits à acheter pourraient se retrouver sur les prix des véhicules à essence.

Il s’est vendu 2900 véhicules électriques au Québec en 2015 et le gouvernement souhaite des ventes de 357 365 VZÉ en 2025. Le ministre de l’Environnement David Heurtel reconnaît que son projet de loi aura un impact estimé à 16,8 millions $ en 2018 sur les constructeurs et les concessionnaires automobiles. «Il va y avoir justement un effort accru de la part des constructeurs à épauler les concessionnaires dans la vente des véhicules électriques», a prévenu David Heurtel.

La CCAQ inquiète

L’intention du gouvernement fait littéralement trembler la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ).

«Ce n’est pas que les constructeurs et les concessionnaires ne veulent pas vendre de véhicules électriques, mais nos consommateurs (...) ne sont pas prêts à en acquérir», a plaidé le directeur général de la CCAQ, Jacques Béchard.

Les concessionnaires préviennent que les véhicules électriques ne sont pas aussi fiables que les automobiles à essence, particulièrement en hiver, et que les prix demeurent élevés. Une batterie de VZÉ coûte 29 000 $, a signalé Michel Gaudette, trésorier de la CCAQ. «Le cordon qui attache la batterie à la motorisation coûte 8000 $. Et mon temps pour la réparer, ça a coûté au total 43 000 $.»

La hantise des concessionnaires est de constituer de gros inventaires de véhicules électriques qui ne trouveront pas preneurs. «Ça peut être catastrophique. Dans le Maine, dans le New Jersey, des concessionnaires ont en stock des véhicules qu’ils ne sont pas capables de vendre», a plaidé Jacques Béchard.

Au Québec

  • Le gouvernement veut réduire ses émissions de GES de 37,5 % d’ici 2030.
  • Le secteur des transports générait 43 % des GES en 2013.
  • En 2014, il y avait 6,2 millions de véhicules en circulation.
  • En 2015, 450 000 véhicules neufs ont été vendus, dont 2960 véhicules électriques.