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Le maire Labeaume en colère contre les taxis

La pénurie de chauffeurs à la sortie du spectacle de Céline Dion samedi soir a mis le maire en colère

Régis Labeaume
Photo d'Archives «Il y a énormément de monde de l’extérieur, plein de touristes, qui vivent dans les hôtels ce soir et qui laissent de l’argent à Québec, et on n’a pas de taxis. C’est quand même extraordinaire. Il y a quelque chose qui ne marche pas. [...] On a l’air de quoi? On a l’air d’être du monde qui ne sait pas recevoir et qui n’est pas organisé. Je suis en colère, ça n’a pas de bon sang», a lancé M. Labeaume.

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Régis Labeaume est en colère contre les taxis de Québec après que les chauffeurs aient peiné à répondre à la forte demande lors de la première de Céline Dion, samedi au Centre Vidéotron, au point où le maire promet même de ramener le dossier d’Uber sur le bureau du nouveau ministre des Transports.

Des centaines de personnes ont eu de la difficulté à se trouver un taxi après le premier spectacle de Céline Dion, selon le maire, sur place à la sortie de la prestation. Visiblement agacé devant ces ratés qui menaient à des attentes de plus de 45 minutes, le premier magistrat n'a pas mâché ses mots sur les ondes de TVA Nouvelles. «On a quelques centaines de personnes qui attendent. Il n’y a pas de taxi. On ne pourra pas avoir de club de hockey, parce que 18 000 personnes, on n’est pas capable de les recevoir, on n’est pas capable de les ramener chez eux», a-t-il déploré.

Le maire en a ensuite rajouté, hier, lors d'un point de presse, affirmant ne plus être en mesure de défendre l’industrie du taxi face à ses détracteurs. Il n'exclut plus aucune hypothèse face au problème de transport à Québec.

«Comme maire, il faut que ça circule en ville et que les gens se transportent. Il faut qu’il y ait de la mobilité et si ce n’est pas les taxis, il faut que je trouve la solution.»

Le maire Labeaume a indiqué avoir déjà parlé avec le nouveau ministre des Transports, Laurent Lessard, et qu’une rencontre était en préparation au cours des prochains jours. Il promet de ramener le dossier d’Uber sur la table.

«Je ne peux pas ne pas en parler. [...] Ma fonction comme maire est de s’assurer que ça circule en ville et que jamais il n’y ait un manquement. Je ne parle pas d’un Uber illégal, je ne suis pas d’accord avec ça, mais s’il y avait un Uber légal, je suis ouvert.»

Bien qu’il défendait l’industrie du taxi jusqu’à présent, Régis Labeaume assure ne plus avoir la possibilité de la défendre après les événements de samedi soir.

«Comment voulez-vous que je les défende auprès de la population avec ce qui s’est produit hier? Je n’ai plus de moyens, je ne peux plus les défendre.»

Rupture de contrat

Après le passage de Pearl Jam et de Justin Bieber au Centre Vidéotron en mai dernier, l’industrie du taxi s’était formellement engagée auprès de la Ville pour assurer un service adéquat lors des grands événements. Le maire Labeaume se dit «extrêmement déçu» de la réponse de l’industrie du taxi samedi soir.

Bien qu'il concède que plusieurs événements avaient lieu samedi et que les taxis étaient donc en forte demande, le maire considère qu'il ne faut pas donner cette raison pour expliquer ces ratés.

«Comme maire, je ne peux pas accepter cette raison-là. Il faut que l’industrie fournisse et si elle n'est pas capable de fournir plusieurs événements, on a un problème. [...] On ne diminuera pas le nombre d’événements à Québec pour s’ajuster à l’industrie du taxi, ça doit être l’inverse.»

Citations de Labeaume :

«On ne pourra pas avoir de club de hockey, parce que 18 000 personnes, on n’est pas capable de les recevoir, on n’est pas capable de les ramener chez eux»

«s’il y avait un Uber légal, je suis ouvert.»

« On ne diminuera pas le nombre d’événements à Québec pour s’ajuster à l’industrie du taxi, ça doit être l’inverse. »

Labeaume fait fausse route, selon les chauffeurs

Des intervenants de l’industrie du taxi estiment que Régis Labeaume fait fausse route en pointant du doigt seulement le nombre de voitures disponibles pour expliquer les problèmes à la sortie du spectacle de Céline Dion au Centre Vidéotron samedi.

Des chauffeurs et propriétaires de taxis contactés par Le Journal sont d’avis que le service serait meilleur aux alentours de l’amphithéâtre si on leur facilitait la tâche.
«voie réservée pas respectée»

«La voie réservée aux taxis n’a pas été respectée comme on nous l’avait promis. Des voitures de police bloquaient cette voie. Sans ça, le service client aurait été grandement facilité», précise Hicham Berrouel, propriétaire.

Selon ce dernier, beaucoup de chauffeurs se sont plaints de cette situation récurrente dans le secteur. D’après eux, «il ne sert pas à grand-chose d’avoir une voie réservée pour accélérer le service si on la bloque».

L’un d’eux a confié sous le couvert de l’anonymat avoir mis 30 minutes à sortir du secteur du Centre Vidéotron avec des clients à bord samedi soir.

«Ça ne donne pas envie de revenir quand il y a d’autres clients partout ailleurs en ville».

En mode solution

Avec plusieurs activités à Québec samedi soir, le président de Taxi Coop, Abdallah Homsy, convient que le service de taxi était «débordé». Il est également d’accord avec le maire Labeaume à savoir que le nombre de taxis présents samedi était inférieur à la norme.

M. Homsy n’a toutefois pas voulu embarquer dans la rhétorique d’Uber et ramener ce débat, affirmant plutôt être en mode solution pour les prochains spectacles au Centre Vidéotron. Selon lui, il y a suffisamment de chauffeurs de taxi dans la grande région de Québec pour répondre à la demande, mais il croit qu’un travail de sensibilisation est nécessaire pour s’assurer que tous soient au rendez-vous. 

Rappelons qu’en vertu d’un accord avec la Ville de Québec, les taxis avaient promis que les 300 premiers départs après un spectacle d’envergure allaient se faire en 30 minutes et que les 150 autres seraient effectués dans un délai de 45 minutes. 

- Avec la collaboration de Pierre-Paul Biron