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La mère d'un enfant qui a attrapé la coqueluche brasse la cage des anti-vaccins

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Entre deux interminables quintes de toux de son petit Nathan qui a attrapé la coqueluche, Dominique Labelle s'enrage contre les détracteurs de la vaccination qui freinent les efforts des scientifiques pour enrayer ces maladies qui devraient appartenir à l’ancien temps.

«Je suis enragée et frustrée contre vous qui décidez volontairement de mettre en danger la vie de vos enfants et celles des autres», lance la mère de quatre enfants dans un cri du cœur sur Facebook. Vous pouvez lire le message ci-dessous.

Son troisième, Nathan, a attrapé la coqueluche, «et ce n’est pas l’fun comme maladie».

Il a des quintes de toux. «Pas juste ahu! Ahum! Des fois ça peut durer deux minutes, et c’est très long quand tu regardes ton enfant qui a la face toute rouge et que tu te demandes si t’appelles l’ambulance, s’il va être capable de reprendre son souffle».

Elle doit se lever plusieurs fois par nuit, administrer des antibiotiques à toute la famille. Le pauvre petit bonhomme en a pour des semaines dans cet état.

La coqueluche peut entrainer des séquelles à long terme et même causer la mort. Puisque Nathan est dûment vacciné contre cette maladie, les symptômes et les risques de séquelles sont moindres.

Grâce à la vaccination, le nombre de cas de rougeole, de varicelle et de coqueluche ne représente qu’une fraction de ce qu’il était il y a quelques dizaines d’années. Et ceux qui boudent les vaccins créent des brèches dans ce grand bouclier collectif.

En témoignant publiquement, Mme Labelle ne veut pas attirer la pitié ou la sympathie de quiconque. Après tout, plusieurs histoires sont bien pires que la sienne.

«Impact très grave»

Mme Labelle veut plutôt brasser la cage des anti-vaccins. Ces maladies contagieuses «ont un impact très grave sur certaines personnes, et les gens ne se rendent pas compte!»

«Est-ce qu’on peut essayer svp d’éradiquer les maladies qu’on peut éradiquer? La vaccination a fait ses preuves, alors est-ce qu’on peut éviter ces maladies à nos enfants?» tonne la mère de famille.

Obligatoire en Ontario

À son avis, le Québec est «arriéré» en la matière. Elle cite l’exemple de l’Ontario, où les vaccins de base sont obligatoires pour fréquenter l’école. Ceux qui y renoncent pour une raison non médicale devront bientôt suivre une «séance éducative» sur la vaccination.

En effet, rien n’est obligatoire en matière de vaccination au Québec, et «ce n’est pas considéré pour le moment», explique le Dr Nicholas Brousseau, médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec. Ce serait, dit-il, «une atteinte à la liberté des gens».

Bon taux au Québec

En fait, le Québec réussit globalement à bien vacciner sa population malgré l’absence d’obligations, poursuit le docteur. À un an, 91% des enfants ont reçu tous leurs vaccins.

La minorité qui y renonce «surfe sur la vaccination» des autres, explique le Dr Brousseau. «Ils ont peu de chances d’attraper les maladies parce que les autres sont vaccinés», un peu comme une personne sans parapluie qui reste au sec sous les parapluies des autres.

Protéger les autres

Il rappelle qu’on doit se faire vacciner pour se protéger soi-même, mais aussi pour protéger les autres. Par exemple, les nourrissons de moins de deux mois qui n’ont encore reçu aucun vaccin sont très vulnérables. La vaccination de masse sert donc aussi à protéger les plus personne dont la santé fragile.

À ceux qui restent réfractaires, «réveillez-vous!», lance Mme Labelle. «Arrêtez de croire n’importe quoi et informez-vous!»

Vrai qu’il y a des risques à la vaccination. La plupart du temps, les réactions sont légères. Autrement, on a une chance sur un million d’avoir une réaction allergique grave, décrit le Dr Brousseau. Par contre, la vaccination prévient un bon nombre d’hospitalisations chaque année.

«Mais les avantages dépassent vraiment de loin les risques du vaccin», insiste-t-il.

«Ce sont des faits»

«Ce ne sont pas seulement des opinions, ce sont des faits», avait déclaré le premier ministre Philippe Couillard, lors de l’éclosion de rougeole qui avait touché notamment 136 personnes dans Lanaudière, l’an dernier.

«La vaccination, c'est la base même de la santé publique. Pourquoi n'y a-t-il plus de polio chez nous? Pourquoi n'y a-t-il plus d'épidémies comme on avait il y a quelques années? C'est parce qu'on a la vaccination», avait dit M. Couillard à Radio-Canada.

Une éclosion avait frappé au même moment le parc Disneyland, en Californie. La baisse du taux de vaccination dans cet État avait été montrée du doigt.

Quelques faits sur la coqueluche

  • Commence comme un rhume
  • Caractérisée pour des quintes de toux incontrôlables
  • Très contagieux, se transmet par les gouttelettes pendant la toux
  • Peut durer des semaines
  • Peut entraîner des complications comme de l’apnée, une encéphalite, un coma.
  • La plupart des enfants de moins d’un an doivent être hospitalisés (une cinquantaine par année chez les jeunes enfants)
  • Un décès tous les trois ou quatre ans au Québec
  • 95 % des enfants de moins d’un an sont vaccinés contre cette maladie (85% d’efficacité)
  • Diminution de 90 % du nombre de cas par année depuis que le vaccin existe
  • Ne peut pas être éradiquée complètement dans la population parce que trop contagieuse