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8 800 milliards $ US

Estimé de la richesse perdue durant leur vie par les travailleurs nés aux États-Unis en 2015 si rien n'était fait pour contrer les changements climatiques
Étude produite par NextGen Climate et Demos Estimé des montants médians de richesse perdue durant leur vie par les travailleurs nés aux États-Unis en 2015 si rien n'était fait pour contrer les changements climatiques

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8 800 milliards $ US : voilà les revenus que perdront les membres de la génération Y (« millennials ») aux États-Unis si on ne freine pas les changements climatiques.

« Pour les enfants de la génération Y, les pertes découlant des changements climatiques seront considérablement plus grands :

  • un enfant né en 2015 avec le revenu médian perdra au cours de sa vie 357 000 $ en revenu et 581 000 $ en richesse ;
  • un enfant né en 2015 qui obtiendra un diplôme postsecondaire perdra au cours de sa vie 467 000 $ en revenus et 764 000 $ en richesse. »

Ces chiffres, parmi plusieurs autres, proviennent d’une étude coproduite par deux ONG états-uniennes, NextGen Climate et Demos.

Il s’agit d’une des premières études n’ayant jamais tenté de mettre un prix sur le cout des changements climatiques pour des individus. Elle reprend la méthode qu’une étude des universités Stanford et Berkeley avait utilisée afin d’estimer les effets des changements climatiques sur les PIB de 166 pays à partir de données historiques couvrant les 50 dernières années. Cette nouvelle étude explore ces mêmes effets, mais cette fois à l’échelle des ménages aux États-Unis.

Évidemment, les résultats de telles projections économiques jusque vers 2080 sont à prendre avec des pincettes. En outre, de nombreux risques ne sont pas considérés : ni les déplacements forcés de populations des zones inondées ou asséchées ; ni la banqueroute de plusieurs industries agricoles, touristiques et autres ; ni un éventuel raccourcissement de l’espérance de vie ; ni d'éventuelles guerres que le climat pourrait provoquer. Les risques bien réels d’effondrement écologique, économique, social ou même civilisationnel sont évidemment exclus aussi.

L’étude de NextGen Climate et Demos se concentre sur, donc isole, les effets de pertes estimées de productivité causées que par une hausse modérée de température globale.

Cependant, l’arbitraire des méthode et scénario retenus et l’incertitude de toute projection à long terme n’enlèvent rien au message central de cette étude et des nombreuses autres semblables qui suivront. Ce message en trois points n’est pas nouveau. Il est seulement illustré pour la première fois par des chiffres en dollars à échelle humaine.

Premièrement, ce sont les jeunes d’aujourd’hui, leurs enfants et les suivants qui devront supporter le gros des conséquences des changements climatiques. Si la tendance se maintient inchangée, chacune de ces générations de nos pays développés vivra vraisemblablement une situation économique pire que celle de leurs parents.

Deuxièmement, nos sociétés ont toutes les capacités d’investir massivement dans la transition énergétique et l’adaptation aux changements climatiques et de créer ainsi des millions de nouveaux emplois.

Troisièmement, les jeunes d’aujourd’hui, leurs parents et grands-parents peuvent et doivent exiger ce virage économique de leurs gouvernements, milieux d’affaires et communautés.

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