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D’obèse morbide à marathonienne

Une Québécoise qui a perdu la moitié de son poids courra les 42 km entre Lévis et Québec aujourd’hui

En 2011, Marie-Ève Bergeron faisait osciller le pèse-personne à 320 lb. Cinq ans plus tard, elle pèse 160 lb et participera à son premier marathon.
Photo Daniel mallard En 2011, Marie-Ève Bergeron faisait osciller le pèse-personne à 320 lb. Cinq ans plus tard, elle pèse 160 lb et participera à son premier marathon.

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La vie de Marie-Ève Bergeron a pris un virage à 180 degrés il y a cinq ans. Aux prises avec un sérieux surplus de poids qui la classait parmi les obèses morbides, elle a trouvé dans une peine d’amour la force de transformer ses habitudes, ce qui la mène aujourd’hui à participer au Marathon SSQ Lévis-Québec.

Entraînement de boxe, course à pied et changement draconien dans son alimentation, la femme originaire de Saint-Georges-de-Champlain, près de Shawinigan, a perdu la moitié des 320 lb qu’elle pesait avant de se prendre en main. À 160 lb, elle sera sur la ligne de départ de son premier marathon ce matin.

C’est une amie (Judy-Ann Parke) qui lui a offert l’inscription, en cadeau d’anniversaire, l’automne dernier, pour la récompenser des efforts et des sacrifices qu’elle a faits afin de mordre de nouveau dans la vie. Athlète aguerrie qui dispute des épreuves Ironman, son amie a promis de l’accompagner durant tout le parcours.

En 2011, Marie-Ève Bergeron faisait osciller le pèse-personne à 320 lb. Cinq ans plus tard, elle pèse 160 lb et participera à son premier marathon.
Photo Daniel mallard

«J’étais prise dans une enveloppe qui ne reflétait pas ce que j’étais en dedans, admet Marie-Ève Bergeron, qui a atteint le sommet du mont Washington dans son nouveau corps. Personne ne croyait que j’allais y arriver pour vrai, mais le monde m’encourageait quand même.

«Je me suis dit: “Tant qu’à le faire, je vais perdre au moins 100 lb”. J’ai réussi en mangeant bien et en m’entraînant. Après ça, j’ai décidé de continuer pour perdre 60 lb de plus. Maintenant, j’ai plein de rêves et plein d’objectifs.»

Dans la vie de tous les jours, son obésité lui causait une tonne de tracas. «Ça m’a apporté une liberté. J’allais au restaurant et je me demandais si j’allais rentrer dans la chaise. Je me suis déjà fait virer de bord dans un manège parce que je n’étais pas capable de m’attacher. Il y a beaucoup d’exemples comme ça.»

Un coach inspirant

Coiffeuse de métier, la femme de 35 ans a dû convaincre l’entraîneur Marc Damphousse, du club de boxe de Saint-Tite, qu’elle était déterminée à effectuer son virage. «Il n’était pas sûr du tout. Beaucoup de gens veulent changer, mais ils s’arrêtent.»

Au fil des semaines, le processus a pris de l’ampleur. Il y a eu des moments plus difficiles, mais son mentor ne l’a jamais abandonnée. «Il était positif, il me disait: “On va l’avoir”», relate-t-elle. J’ai embarqué dans le processus.

«Il m’a accompagnée depuis le début et je m’entraîne encore avec lui. Ça lui a permis de ne plus jamais juger personne. Si une personne veut, elle est capable!»

En 2011, Marie-Ève Bergeron faisait osciller le pèse-personne à 320 lb.
Photo courtoisie
En 2011, Marie-Ève Bergeron faisait osciller le pèse-personne à 320 lb.

Impliquée chez les jeunes

Avec son histoire, Marie-Ève Bergeron veut motiver la jeunesse. Depuis deux ans, elle est l’une des ambassadrices de Fillactive, qui aide les adolescentes à adopter un mode de vie sain et actif.

«J’ai commencé à inspirer d’autres gens et c’est mon but, lance la Québécoise. Je veux montrer aux jeunes que tout se peut. Ils voient un 5 km [de course] comme une montagne, au début. Quand je montre des photos de moi avant, ils se disent que ça ne se peut pas. Puis, ils finissent par croire que c’est possible.»

Ses vieilles photos demeureront une source de motivation continuelle. «Quand je les vois, je me dis que j’ai perdu mon temps et de belles années. Maintenant, on dirait que je n’ai plus de temps à perdre!»