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Québec octroie 300 permis de taxi à Uber

La multinationale pourrait tripler le volume de service comme le lui permet le gouvernement du Québec

Québec octroie 300 permis de taxi à Uber
Photo d'archives

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Québec accorde au moins 300 permis de taxi aux chauffeurs de la multinationale Uber, dans l'entente conclue cette semaine.

Le nombre de permis accordés correspond à 50 000 heures de service de transport par semaine. Les chauffeurs de Uber pourraient doubler, voire tripler le nombre de permis de propriétaires de taxi puisque l'entente les autorise à offrir jusqu'à 150 000 heures de transport par semaine.

L'industrie du taxi accuse le gouvernement de sous-estimer le nombre de permis accordés à Uber. À 50 000 heures par semaine, Québec accorde l'équivalent de 1000 permis, soutient le porte-parole Félix Tremblay; à 150 000 heures, c'est trois fois plus. «À 200 000 $ le permis, ils leur font un cadeau de près de 600 millions $», dit M. Tremblay.

Suivant le texte de l'entente diffusé sur le site Internet du ministère des Transports, les courses effectuées à l'intérieur de la première tranche de 50 000 heures de service engagent Uber à verser une redevance de 0,90$ par course au Fonds de modernisation de l'industrie du taxi; la redevance augmente à 1,10$ pour les courses se situant dans la tranche de 50 001 heures et de 100 000 heures, puis à 1,26$ pour les courses dans la tranche entre 100 001 et 150 000 heures.

Québec ajoute 0,07$ par course afin de tenir compte des coûts d'assurance encourus par l'industrie du taxi.

Permis

Pour offrir le service, Uber et ses chauffeurs devront répondre à certaines conditions, dont celle de se procurer un «permis intermédiaire de transport de taxi». Un tel permis coûte dans les 500$ comparativement aux 200 000$ payés pour le permis de propriétaire de taxi, ce que l'industrie décrit comme une flagrante iniquité.

Les chauffeurs Uber disposent aussi de trois mois pour se doter d'un permis de conduire de classe 4C; l'industrie reproche ainsi au gouvernement d'autoriser Uber à continuer à lui livrer une concurrence illégale.

Québec autorise aussi Uber à majorer son tarif de base de 1,5% «lors de force majeure», une autre condition qui fait rager l'industrie du taxi. En temps normal, Uber s'engage à fixer à 3,45$ son tarif de prise en charge de clients.

L'entente entrera en vigueur le 29 septembre, a confirmé le cabinet du ministre des Transports. Pendant ce temps, Uber continue à oeuvrer illégalement, fulmine Kamal Sabbah, du Regroupement des propriétaires de taxis de Montréal. «On a vendu notre industrie à une entreprise étrangère comme a fait avec Rona.»

La direction de Uber-Québec a indiqué, par courriel qu'elle poursuit l'analyse de l'entente. «Nous poursuivons l'évaluation des impacts sur la fiabilité et la flexibilité des services que nous offrons. Nous avons la ferme intention de démontrer une conformité réglementaire et fiscale complète», a écrit le directeur général Jean-Nicolas Guillemette.

En bref

  • Le protocole d'entente convenu entre le gouvernement et Uber Canada entrera en vigueur le 29 septembre, 20 jours suivant sa publication par le ministère des Transports;
  • Le ministère des Transports ne peut confirmer si Uber continuera à opérer d'ici là. L'industrie du taxi affirme qu'Uber est toujours actif et Uber n'a pas rappelé le Journal;
  • L'entente offre un important volume de service à Uber; Québec estime ce volume à 300 permis qui pourrait se multiplier par trois;
  • L'industrie reproche à Québec d'offrir l'équivalent de 3000 permis à Uber à prix dérisoire;
  • Cette entente a valeur d'un projet pilote d'une durée de un an;
  • Les véhicules en service devront être identifiés au moyen d'une vignette émise par Uber collée sur le pare-brise en bas à droite;
  • Uber dera se conformer à toute entente convenue avec Revenu Québec visant le respect des exigences gouvernementales en matière de fiscalité;
  • Uber s'engage à fournir mensuellement au ministère des Transports des rapports démontrant que les termes de l'entente sont respectés.