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Entente avec Uber: le roi québécois d'Airbnb s’estime lésé

Entente avec Uber: le roi québécois d'Airbnb s’estime lésé
Capture d'écran, YouTube

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Dany Papineau, un hôte Airbnb qui se dit «harcelé» par le fisc, déplore que le gouvernement, dans la façon dont il traite Uber et Airbnb, ait deux poids, deux mesures.

M. Papineau, c’est cet hôte Airbnb qui a connu un fort succès en louant des appartements par l’entremise de la plateforme, mais qui a vite déchanté l’an dernier quand le fisc lui a réclamé 62 000 $ pour des taxes impayées. Il a dû vendre son duplex pour payer son avocat. Les frais pourraient atteindre 50 000 $.

Il conteste vigoureusement. Selon lui, la responsabilité de percevoir les taxes est celle de la plateforme Airbnb et non la sienne, puisque c’est Airbnb qui s’occupe des paiements.

C’est pour cette raison que M. Papineau a avalé son café de travers en voyant que le gouvernement Couillard venait de s’entendre avec Uber pour un projet-pilote. En vertu de cette entente, c’est Uber qui devra facturer la TPS et la TVQ aux clients, et non les chauffeurs.

Il se questionne. Avec Uber, c’est la plateforme qui doit percevoir les taxes, mais avec Airbnb, ce devrait être l’utilisateur? «À la place de s’attaquer à Airbnb, ils s’attaquent à l’hôte!» Pourquoi, dans le cas d’Uber, «ils ne s’attaquent pas aux chauffeurs»?

«Aucune logique»

«Il n'y a aucune logique dans l'approche du gouvernement libéral dans le dossier de taxation de l'économie du partage, c’est tellement ridicule, frustrant», fustige M. Papineau.

Par ailleurs, en poursuivant Uber en Cour supérieure pour se faire payer les taxes depuis ses débuts, le gouvernement «avoue publiquement que la responsabilité de taxation revient à la plateforme et non à l'utilisateur».

Et c’est tellement plus logique, poursuit-il. «Qu’est-ce qui a le plus de sens? Harceler des milliers de chauffeurs Uber et d’hôtes Airbnb et collecter les taxes auprès de chacun, ou le faire directement à la plateforme? [Traiter] avec les plateformes réduirait les coûts de collection et maximiserait les revenus», expose M. Papineau.

Il se rassure en voyant une ouverture pour Uber, mais croit «quand même que nos dirigeants continuent de penser comme des dinosaures, qu’on essaie d’appliquer aux automobiles des lois conçues à l’époque des chevaux», déplore-t-il.

C’est la loi

Selon les lois actuelles, que ce soit pour un appartement ou pour une voiture, tous ceux qui offrent des services, économie du partage ou pas, doivent déclarer leurs revenus. Ça, M. Papineau l’a toujours fait. Mais il faut aussi percevoir les taxes si le total des ventes dépasse 30 000 $ par année, sauf dans le cas des taxis, qui doivent les percevoir dès le premier dollar gagné.

Contexte différent, moyens différents

Au gouvernement, on explique qu’entre Airbnb et Uber, «les modèles d’affaires, les modalités de livraison des services et le cadre réglementaire sont différents», écrit Audrey Cloutier, l’attachée de presse du ministre des Finances Carlos Leitao. «Par exemple, le volume de transactions est beaucoup plus élevé pour les chauffeurs que pour les locateurs. Il est [donc] plus simple d’opter pour une certaine centralisation et une automatisation», poursuit-elle. Elle insiste pour dire que «l’objectif et la finalité sont les mêmes, ils sont juste adaptés à des contextes différents».